Créé à Paris en 2013, Starburst est le premier accélérateur de startups du secteur aéronautique, défense et spatial au monde. Nous avons interviewé son fondateur, François Chopard, afin d’en savoir plus sur le futur de l’aéronautique dessiné par ses startups.
La dernière fois que nous nous sommes rendus dans les locaux de Starburst à Paris, c’était en 2016. A l’époque, 150 startups étaient accélérées dont une dizaine présentes dans les locaux.
En cinq ans, l’accélérateur de startups dédié au secteur de l’aéronautique, de la défense et du spatial a bien évolué. Désormais, il possède des bureaux dans 8 villes différentes : Los Angeles, San Francisco, Paris, Montréal, Munich, Singapour, Abu Dhabi, Séoul et Mumbaï. Fort d’un réseau de plus de 50 partenaires publics et privés dans le monde et d’un portfolio de 7000 startups, Starburst prend de l’equity (achat de titre dans une entreprise non cotée en Bourse) chez 30 startups chaque année.
« Je fais des allers-retours réguliers entre Paris et la Californie », complète François Chopard, « San Francisco et Los Angeles sont des hubs d’investisseurs avancés dans le domaine du spatial et de la défense ».
Les startups accélérées par Starburst
L’accélérateur accompagne actuellement une quarantaine de startups. Des jeunes sociétés spécialisées dans les drones de livraison, l’eVTOL (avion à décollage et atterrissage vertical), les avions supersoniques, le spatial (fusée, moteur) et la défense (matériel militaire).
Airfree, startup française spécialisée dans l’IFE (divertissement en vol) a conçu une plateforme e-commerce et m-commerce pour les compagnies aériennes et aéroports. Le passager peut faire son shopping dans l’avion et venir récupérer ses achats directement à son arrivée à l’aéroport ou chez lui.
L’américaine Ampaire a mis au point un avion électrique. Sa technologie permet de réduire le carburant de 90 %, la maintenance de 50 % et le bruit de 60 %.
Block Aero, jeune pousse basée à Hong Kong, s’est donnée pour mission d'organiser la chaîne d'approvisionnement de l'industrie aérospatiale grâce à la blockchain.
Une autre startup américaine, Zero Avia, mise quant à elle sur l’hydrogène. Elle espère mettre en place son premier vol commercial en 2023.
« Il y a une volonté de remplacer le fuel chez nos startups. Elles veulent également réduire le trafic en sol en mettant au point des eVTOL », explique François Chopard.
C’est notamment le cas de Skyways qui a mis au point un appareil à décollage et atterrissage vertical électrique utilisé pour le moment dans le domaine de la défense.
Selon le fondateur de Starburst, cette technologie va se développer dans le secteur de l’aérien : « La compagnie United vient de signer avec la société Archer afin de mettre en place des eVTOL qui permettraient de faire la navette entre le domicile et l’aéroport », déclare-t-il.
Les startups du Tourisme spatial
Difficile de parler du futur de l’aéronautique sans évoquer les promesses du Tourisme spatial. Pour François Chopard, de nombreux problèmes technologiques et techniques restent encore à être réglés. « Ça avance doucement. Virgin Galactic et Space X sont les plus avancés, mais ils font beaucoup de coups de communication. Il faudra encore attendre un an pour qu’il se passe quelque chose de notable », estime-t-il.
Plusieurs startups réfléchissent aux manières d’envoyer des touristes dans l’espace. François Chopard donne l’exemple d’Axiom, qui entend mettre sur orbite son complexe spatial privé en 2024. Plusieurs systèmes de ballons stratosphériques sont en cours de développement également. « Même si je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure vue pour admirer la Terre, il faut aller plus haut pour apercevoir les étendues bleues », commente-t-il.
La jeune pousse Interstellar Lab s’intéresse elle aux séjours sur Mars. Elle construit des villages spatiaux sur Terre qui pourront servir de modèle pour une future conquête de la planète rouge.
« Le tourisme spatial sera avant tout privé. Mais il reste beaucoup de choses à construire au niveau des services », conclut le fondateur de Starburst.