Le think tank Movin’On, spécialisé dans la mobilité durable, présente les résultats d'une étude* menée avec Kantar sur les envies des 18-34 ans en matière de déplacements. 4 principaux enseignements démontrent qu’ils ont adopté de nouvelles habitudes et veulent changer leur mode de vie.
1er enseignement : les 18-34 ans ne rejettent aucun moyen de transport, même la voiture
L’étude explique que les 18-34 ans est la première génération réellement multimodale. Ils veulent pouvoir accéder à tous les moyens de transport. Ils ne sont pas contre l’idée de posséder une voiture, à condition qu’elle soit propre. 32% de la génération Z et 38% de la génération Y considèrent que posséder une voiture est une étape importante dans leur vie (contre 34% pour la génération X et au-delà). Plus d’un tiers d’entre eux achèteront sûrement une voiture électrique.
Lors de leurs déplacements, les jeunes générations choisissent des moyens de transport qui répondent d’abord à leurs besoins et à leurs contraintes budgétaires. « Le choix de la durabilité vient ensuite : le pragmatisme prime sur l’idéalisme. » écrit l’étude.
Même si cette génération est celle qui a le plus recours aux transports publics, elle n’est pas totalement satisfaite des services pour autant. Elle aimerait plus de confort, une expérience de qualité pendant le trajet, une meilleure interconnexion avec d'autres moyens de transport et, en Amérique du Nord, des prix moins élevés.
2e enseignement : les 18-34 ans ont adopté le vélo et la marche à pied
Avec la crise sanitaire, les jeunes générations comme les autres générations ont dû adapter leur manière de se déplacer. Pour l’étude, la période est un accélérateur de tendances. Elle a renforcé l’usage du vélo et de la marche à pied pour des raisons évidentes : ce sont des moyens de transports durables et bon marché voire gratuits, plus sûrs en matière de sécurité sanitaire et qui permettant d’exercer une activité physique.
Les transports publics, abordables et contribuant à une société plus inclusive et plus verte, auraient pu être privilégiés par les jeunes générations en cette période. « Mais [ils souffrent] d'une expérience d'utilisation très négative (service, propreté, sécurité), amplifiée dans le contexte de COVID. », écrit l’étude. Seuls 7% d'entre eux se sentent pleinement satisfaits lorsqu'ils utilisent les transports publics, contre 20% pour les vélos et 27% pour la voiture.
« La pandémie a accéléré la transition vers une mobilité moins subie et plus choisie », résume l’étude.
3e enseignement : les 18-34 ans veulent organiser leur quotidien dans un rayon de 15 min autour de chez eux
Les jeunes générations souhaitent de plus en plus vivre comme dans un village, où tout serait accessible à 15 minutes de chez eux. Cela demande de travailler de chez soi et d’avoir à disposition des modes de transport sains. Cet état d’esprit sera le même lors de leurs voyages selon l’étude : « Leur mentalité durable les amènera à voyager moins souvent, mais pendant plus longtemps. Et à allier pendant ces voyages travail à distance et découvertes afin de prendre le temps et de minimiser leur impact sur la planète. »
Nombreux sont ceux qui aimeraient pouvoir se passer de l’avion. En Amérique du Nord notamment, l’attente de cette génération est forte sur le développement des trains à grande vitesse pour remplacer l'avion sur de nombreux trajets. Mais en l'absence d'alternative, il restera le premier choix.
Les 18-34 ans ne sont pas prêts à faire une croix sur les voyages, mais aimeraient pouvoir profiter d’une « mobilité hybride », où tous les modes et situations seraient intelligemment combinés et non opposés.
4e enseignement : les 18-34 ans attendent des acteurs publics et privés qu’ils se mobilisent
Si elles veulent adopter des comportements responsables en termes de mobilité, les jeunes générations se sentent impuissantes à créer un changement profond. En Europe, et en particulier en France, leurs attentes sont d’abord tournées vers les pouvoirs publics qui doivent se porter garant de l'intérêt général et protéger contre des intérêts privés, en particulier les GAFA. Aux Etats-Unis, les attentes sont davantage orientées vers le secteur privé.
Que ce soit en Europe et en Amérique du Nord, les 18-34 ans attendent de leurs entreprises qu'elles s'impliquent pour favoriser la mobilité alternative.
Retrouvez les 4 enseignements détaillés dans des infographies :




*Etude quantitative menée en 2019 auprès de 5 000 jeunes urbains en Europe et en Amérique du Nord et étude qualitative menée à l’automne 2020 auprès de 70 jeunes urbains en Europe et Amérique du Nord.