Comment la Covid-19 transforme-t-elle le tourisme en montagne ?

Dans son livre « Management et Marketing des stations de montagne » qui vient de paraître, Armelle Solelhac, CEO de l’agence SWiTCH, s’interroge sur l’impact…

Nous suivre sur Google
JL

Julia Luczak-Rougeaux

1 mars 20213 min de lecture

comment-la-covid-19-transforme-t-elle-le-tourisme-en-montagne
© Marc Thunis

Dans son livre « Management et Marketing des stations de montagne » qui vient de paraître, Armelle Solelhac, CEO de l’agence SWiTCH, s’interroge sur l’impact de la crise sanitaire sur le Tourisme en montagne dans les 6 à 24 mois.

« J’ai été surprise du manque de confiance de la part du gouvernement dans la capacité des professionnels de la montagne à s’adapter. A l’inverse, j’ai été impressionnée par les efforts de certaines stations pour respecter les labels ‘Mesures sanitaires Covid-19’ de l’AFNOR et ‘SafeGuard’ de Veritas. La fermeture des remontées mécaniques est d’autant plus injuste que les stations avaient l’expérience de l’été dernier. Elles ont eu mauvaise presse alors qu’elles avaient tout mis en place pour accueillir les visiteurs dans les meilleures conditions », déplore Armelle Solelhac, CEO de SWiTCH.

Armelle_Solelhac Armelle Solelhac, CEO de l’agence SWiTCH

Elle constate que seuls la France, l’Italie et l’Allemagne ont décidé de fermer leurs remontées mécaniques cet hiver. Pourtant, aucun cluster n’a été identifié dans le reste du monde où elles étaient ouvertes. « Le ski est l’activité de plein air la plus safe » rappelle-t-elle.

L’impact sur les transports

« Le transport routier est le grand gagnant de cette crise », explique Armelle Solelhac. Dans une période où la distanciation sociale est de mise, le véhicule personnel a fortement été utilisé ces derniers mois. A court terme, on assiste donc à un recul de l’écologie.

Ce ne sera pas forcément le cas à moyen terme. Des projets sont actuellement en cours pour réduire son usage. Des ascenseurs valléens se développent pour atteindre le front de neige des stations. Les domaines skiables de France ont pris 16 éco-engagements en octobre dernier pour préserver la montagne avec des mesures concrètes en matière de climat et d’émissions de gaz à effet de serre. « D’ici 3 à 5 ans, nous pourrons mesurer les effets positifs », ajoute Armelle Solelhac.

L’impact sur l’hébergement

A moyen terme, la CEO de SWiTCH estime que la crise sanitaire va accélérer le déploiement de bornes d’auto-enregistrement. Elles permettront de récupérer la clé de son appartement ou son matériel de ski. « Pour certains elles déshumanisent l’expérience tandis que d’autres préfèrent les utiliser », constate-t-elle.

La gestion de la nourriture et du ménage est forcément différente dans le contexte actuel. Mais les clients sont prêts à faire des efforts selon elle : « Ce qu’ils veulent avant tout c’est s’aérer, sortir de leur quotidien ».



L’impact sur la restauration

De nombreuses offres de traiteurs se sont développées ces derniers mois. Les restaurants ont massivement proposé la livraison à domicile. Certains hébergeurs ont également proposé la livraison de courses avant l’arrivée des clients. De nouvelles offres qui pourraient se pérenniser dans un monde post-covid.

Pas une révolution, mais un catalyseur

Selon Armelle Solelhac, la pandémie n’est pas en train de créer une révolution dans le monde de la montagne, elle est davantage un catalyseur de tendances. Le télétravail existait déjà par exemple, mais il a été renforcé. Des offres de séjours longs se sont donc développées pour inviter les gens à venir travailler à la montagne.

« Certaines choses sont allées trop vite pour des professionnels qui n’étaient pas encore prêts.  Mais dans l’ensemble, ils ont montré une grande capacité de résilience », conclut-elle.

Sur la même thématique

Voir tout