La jeune entreprise Odysway, créée il y a trois ans, est une agence de voyage spécialisée dans le Tourisme durable et responsable. La crise sanitaire l’a poussé à se concentrer sur une destination qu’elle avait encore peu développé : la France. Un pivot qui donne à son fondateur, Romain Masina, confiance en l’avenir. Interview.


Odysway est une agence de voyage en ligne spécialisée dans le tourisme immersif et responsable que j’ai fondée il y a trois ans. Nous créons des expériences et des séjours immersifs en France et à l’étranger. Notre idée est de limiter le nombre d’étapes lors d’un voyage. Il est rare que l’on parvienne à tout visiter lors d’un séjour, alors autant se focaliser sur un endroit en particulier. Cela permet également d’avoir un impact moindre sur l’environnement. Nous proposons par exemple de passer la nuit chez l’habitant dans un endroit reculé de Mongolie. En France, sommes à la recherche d’endroits exceptionnels comme les parcs naturels et de personnes inspirantes. Nous proposons par exemple d’aller à la rencontre d’un berger en vallée basque. Tous nos séjours en France reposent sur la notion d’immersion et la découverte du terroir.
Nous travaillons avec des ONG ou des collectivités locales. L’idée est d’éviter les intermédiaires quand on le peut. Nous voulons faire payer le prix juste aux voyageurs. Les séjours que nous proposons sont conçus par nos équipes qui se sont rendus sur place.
Comment avez-vous géré la crise jusqu’ici ?
Même si nous avons vu venir la pandémie, l’annonce du confinement en mars a créé la stupéfaction. Nous nous sommes demandés comment survivre. Il y a un an, 90% des voyages que nous proposions étaient à l’étranger. Aujourd’hui, le ratio est de 50-50. A terme, nous allons nous concentrer sur la France en priorité. Au début de la crise, il a fallu d’abord gérer les voyageurs se trouvant à l’étranger et ceux qui allaient partir. Puis nous nous sommes demandés : qu’allons nous faire quand il sera à nouveau possible de voyager ? Nous savions que les Français resteraient dans l’Hexagone. C’est pourquoi nous nous sommes vite mis en état de marche. Nous avons contacté 1 500 personnes en France : des bergers, des guides de montagne, des druides, des pêcheurs… Des personnes ayant une histoire inspirante et voulant la partager. Nous avons réalisé une sorte de Tour de France pour partir à leur rencontre. Cela nous a permis de créer entre 15 et 20 nouveaux séjours et d’être opérationnel dès la levée du confinement.
Ce repositionnement sur la France était-il prévu avant la crise ?
Je dirais que la crise a été un accélérateur de positionnement sur la France. Cela nous aurait peut-être pris deux à trois ans à comprendre. Je pense que contrairement à beaucoup de gros acteurs, nous n’avons pas été attentistes. Nous avons décidé d’effectuer un pivot pour survivre. Je pense que le fait d’être une TPE nous a permis d’être agile et rapide. Désormais, nous sommes contactés par de nombreux professionnels du secteur.
Comptez-vous faire évoluer vos offres ?
Nous ne nous mettons pas de barrières. Le cœur du voyage est la rencontre. Et elle peut se faire de plusieurs manières. En plus de ce souvenir immatériel, nous réfléchissons à la manière de créer des souvenirs qui se glissent dans une valise. Ce peut être un fromage de brebis confectionné dans les Pyrénées ou des objets que les voyageurs confectionnent auprès d’artisans. Ce que nous voulons, c’est valoriser des personnes qui se trouvent loin des sentiers battus.
Quels sont vos projets dans les prochains mois ?
Aujourd’hui, nous avons fait partir plus de 500 clients et existons malgré la crise. Nous voulons augmenter le nombre de séjours en France. Nous participons à l’appel à projets de la Fédération des parcs naturels régionaux afin d’élargir notre offre. Nous cherchons également à établir des partenariats avec des startups et des PME ayant des valeurs communes.
