Dans un contexte de remise en question des pratiques liées au voyage, les professionnels du secteur s’ouvrent à de nouvelles technologies et réflexions pour réduire leur impact sur l’environnement quand la population s’interroge sur sa manière de consommer. Voici trois exemples d'entités qui veulent construire le Tourisme de demain.
« Nous pouvons transformer le monde du voyage à condition de rassembler les parties prenantes qui d’habitude nagent dans la même ligne d’eau », a déclaré Christian Delom, Secrétaire Général de A World For travel, lors de l’évènement Net Managers’now. Selon lui, il est temps « de faire quelque chose qui renverse la table ». C’est pourquoi le forum A World For Travel, qui se déroulera dans les prochains mois dans la ville d’Evora au Portugal, a vu le jour. Le but de l’évènement ? Rassembler tous les acteurs du voyage à l’échelle internationale afin de réinventer le secteur. Un moment d’échanges et de rencontres autour de thématiques variées telles que le climat, l’énergie, le social, l’environnement ou encore le sanitaire.
« Ce n’est pas une crise que nous vivons, c’est une révolution », a lancé Christian Delom. Face à une restructuration de la demande, à la transformation des modèles économiques, à l’accroissement des coûts et donc des prix, il est important de faire comprendre aux entreprises du Voyage qu’il y a des investissement à consentir pour opérer ces transitions.
Recycler l’eau de manière écologique
La startup AquaTech Innovation fait partie de ces nouveaux acteurs qui veulent les aider à être plus respectueux de l’environnement. Créée en 2018, la jeune pousse a créé une innovation permettant d’assainir l’eau de manière écologique. « Notre système repose sur un traitement biologique grâce à l’usage de bactéries », explique Geneviève Marais, CEO d’AquaTech Innovation. Posté sur la mer ou sur terre, le dispositif est capable de gérer les variations d’activités tout au long de l’année. « Comme tout être vivant, si les bactéries ont trop à manger, elles finissent gavées. Si elles n’ont pas assez à manger, elles meurent de faim. Nous sommes capables de les nourrir de manière régulière », a-t-elle détaillé.
Une couche d’intelligence artificielle permet de faire du prédictif et de faire en sorte que le système apprenne par lui-même pour suivre la fréquentation du lieu. Déjà installé dans le port du Cap d’Agde, le dispositif d’AquaTech Innovation intéresse les hébergeurs et notamment les campings. « Aujourd’hui, les villes sont saturées par des stations d’hébergement qui viennent rajouter en plein été un volume d’activités très important. Certains clients veulent agrandir leur surface d’exploitation mais ne le peuvent pas. C’est là qu’AquaTech Innovation entre en jeu. L’eau est le point d’entrée de tout aménagement du territoire », a déclaré Geneviève Marais. Elle est aussi au cœur des préoccupations environnementales de l’Etat, qui attribue de nombreuses aides pour l’implémentation de ce genre d’installations, mais aussi de la population. « Je pense que les touristes sont prêts à être sensibilisés », a conclu la CEO d’AquaTech Innovation.
Recoller l’imaginaire de la clientèle
La sensibilisation est justement la mission principale de Antoine Pin, Responsable France de Protect Our Winters. Le but de cette association est d’inspirer par les réseaux sociaux et de mobiliser la communauté des sports de plein air dans la lutte contre les changements climatiques. « Nous croyons au pouvoir de la passion pour faire évoluer les mentalités », a-t-il déclaré. Une évolution qui peut passer par un système de récompense des voyageurs lorsqu’ils choisissent un hébergement plus respectueux de l’environnement par exemple.
Railcoop est un bon exemple d’initiative qui fait émerger de nouveaux modèles économiques et technologiques. Cette coopérative française, qui implique citoyens, cheminots, entreprises et collectivités, veut développer une offre de transport ferroviaire dès 2022. « Il faut créer un changement dans la perception de l’accès à la montagne tout en recollant l’imaginaire de la clientèle avec des éléments plus respectueux de la planète », a conclu Antoine Pin.