L’agence de conseils Pop Rock a réalisé un travail de "design fiction" pour imaginer le futur de la montagne. Lors de l’évènement net Managers’now, elle a délivré 8 tendances qui impacteront les visiteurs comme les professionnels et les scenarii qui pourraient en découler.
« La prospective cherche à prévoir, le design fiction cherche à imaginer », a rappelé Laureline Chopard, cofondatrice de Pop Rock, au début de la conférence. C’est le concept auquel s’est intéressé l’agence de conseil en partenariat avec le magazine Les Passeurs pour imaginer le futur de la montagne. Le but était d’imaginer des scenarii afin de susciter des réflexions et identifier les éléments déclencheurs de tension. La première étape a été de réaliser un travail de constat en identifiants 8 tendances. La totalité des travaux sera rendue dans le magazine dans les prochaines semaines.
8 tendances qui vont impacter le futur en montagne
La première tendance concerne la pression démographique. « D’ici à 2050, la population française dans les Alpes et les Pyrénées devrait croître de 20 à 25% », a déclaré Laureline Chopard. En parallèle de cette croissance, la population sera plus âgée. Un phénomène qui pose des questions en matière de capacité d’hébergement et d’infrastructure de santé et de loisirs.
La deuxième tendance est le climat et le réchauffement climatique. La fonte des glaces va continuer de s’accentuer tout comme les écroulements rocheux, ce qui devrait changer le visage et l’accessibilité de la montagne.
La troisième tendance est la raréfaction des ressources, dont l’eau. Ce phénomène sera le plus marqué en France, notamment dans le Sud-Ouest. « L’eau va devenir stratégique. Et la montagne pourra en tirer profit », a-t-elle continué. La montagne, via son hydrographie et ses barrages, possède de grandes réserves d’eau.
La quatrième tendance concerne l’artificialisation des sols. Si la surface artificialisée en France est aujourd’hui de l’ordre de 10%, elle devrait atteindre les 14% en 2050 en suivant la tendance actuelle.
La baisse de la consommation de viande et l’évolution de l’agriculture est la cinquième tendance. « Quel avenir pour les fromages de montagne ? », s’est interrogée la cofondatrice de Pop Rock. Des fromages, comme le Beaufort, pourrait devenir un produit de luxe.
La sixième tendance concerne la mobilité. Sera-t-il nécessaire de maintenir les infrastructures routières si les nouvelles générations ne possèdent pas de voiture ? Faut-il développer d’autres moyens de transport ?
Tendance n°7, la transition énergétique. En 2050, les solutions de production et de stockage d’électricité autonomes permettront à la population de s’installer dans des zones plus reculées. La généralisation du télétravail contribuera à ce phénomène.
Enfin, la huitième tendance est l’évolution des usages individuels et notamment la propension à vouloir se connecter à la nature et à fuir davantage les moyens de transports polluants.
Et si… ? 3 exemples de scenarii pour le futur de la montagne
Après avoir identifié ces tendances actuelles de la montagne, l’agence Pop Rock a imaginé des futurs possibles à défaut d’être souhaitables.
Parmi les réflexions, le scénario du « fifty/fifty », l’idée d’une loi sur les crédits espace/temps en 2045. Demain, il faudra peut-être contribuer à la vie de son lieu de vacances. Un scénario où l'on imagine que la population n’ait plus le droit de se déplacer pour des temps courts et se déplace donc pour des temps compris entre 3 à 9 mois. L’agence a par exemple imaginé le métier de boulangère parapentiste qui s’inscrirait dans cette dynamique.
Autre scénario envisagé, celui de la montagne en tant que destination santé. « On peut imaginer que pour la population urbaine, le traitement des pathologies liées à l’environnement urbain deviendrait le premier poste de dépenses de santé dès 2035 », a expliqué Laureline Chopard. Un phénomène qui existe déjà, mais qui pourrait s’accentuer si ces séjours étaient reconnus comme un besoin de base et pris en charge par les mutuelles.
Enfin, un autre idée de scénario, celle d’un séjour nomade et ancré dans le respect de l’environnement. Il s’agirait de mettre en place des offres déployables rapidement et réversibles, inspirées des attentes des visiteurs et habitants : retour à la nature, itinérance, nouveaux standards plus durables et vertueux, etc. Dans ce principe, il serait possible de monter et de démonter facilement un hébergement afin d’avoir un moindre impact sur la nature et de limiter la concentration de visiteurs.