Si l’année 2020 a été marquée par l’arrêt (quasi) total des voyages, elle a néanmoins permis au secteur de repenser notre façon de nous déplacer. En 2021, la reprise devrait être progressive et accompagnée de nombreuses innovations.
Alors que la crise a fortement impacté le marché du Travel, ce dernier a profité de cette « accalmie » pour repenser notre façon de voyager. L’année 2021 amorcera la reprise tout en devant faire face à de nombreux défis, notamment l’évolution du virus et les différentes directives des gouvernements. Dans les aéroports, le maître mot sera : dématérialisation.
Le parcours sans contact sera de mise et les compagnies aériennes devront s’adapter en accélérant leur digitalisation. Pour Sergio Colella, Président de SITA Europe : "Plusieurs technologies seront au service de cette transition pour participer à la reprise et assurer la sécurité des passagers. La biométrie et le mobile, de même que l’automatisation des services, permettront de digitaliser les passages aux frontières et d’offrir une meilleure expérience aux voyageurs […] Grâce à une combinaison de solutions biométriques et mobiles, les passagers n’ont plus besoin de toucher un kiosque ou une surface, et gèrent leur voyage depuis leur téléphone. Le but : éviter les contacts aux points clés de l’aéroport. Cette tendance devrait s’accélérer, d’autant plus que cela peut se faire en s’appuyant sur les infrastructures existantes pour trouver des solutions simples et efficaces ».
Un parcours 100% sans contact
A Mumbai, l’aéroport International Chhatrapati Shivaji Maharaj s’est doté il y a peu de 50 bornes mobiles développées par SITA afin d’offrir aux voyageurs un parcours 100% sans contact pour s’enregistrer sur leur vol. Ces bornes mobiles permettent aux voyageurs d’utiliser leur smartphone pour interagir avec les kiosques présents à l’aéroport. Il n’est donc plus nécessaire de toucher chaque borne pour pouvoir s’enregistrer ou avoir accès à des informations sur son vol. Si l’automatisation et la digitalisation des process et du parcours voyageur étaient déjà sur la feuille de route du secteur aérien, la crise de la COVID-19 a été un véritable accélérateur de projets et à engendré de nombreux bouleversements, notamment d’un point de vue sanitaire. « Jusqu’à présent, l’industrie du transport aérien s’est concentrée sur la sûreté et la sécurité, principalement en ce qui concerne les avions et les procédures de sécurité. Après 2020, notre industrie ajoutera-t-elle la santé comme l’une de nos principales considérations pour les voyages ? […] C’est pourquoi nous développons des solutions évolutives qui permettront aux acteurs du secteur d’être mieux armés à l’avenir, contre de nouvelles crises sanitaires potentielles », ajoute Sergio Colella.
Chez les hôteliers aussi, la révolution est en marche et cette crise les a mené à redéfinir « l’hospitalité ». Chez citizenM, le parcours 100% « contactless » est devenu une priorité au fur et à mesure de l’avancée de l’épidémie. Le groupe a ainsi accéléré le développement de sa nouvelle application mobile qui permet, entre autre, de réaliser son check-in/out depuis son smartphone et d’utiliser ce dernier comme clé de chambre. Un parcours qui restera la norme en 2021.
La technologie au service de la reprise
Pour Amadeus, la technologie pourrait venir en aide aux voyageurs français et permettre une reprise de l’activité en toute sécurité cette année. Ainsi, une étude révèle que 84% des sondés déclarent que la technologie leur redonnerait confiance pour voyager en répondant à leurs inquiétudes en matière de distanciation sociale et d'interaction physique, notamment avec la mise à disposition des informations relatives au voyage, le suivi par l’identité numérique ou bien encore le développement d’applications mobiles permettant d’avoir accès en temps réel à des informations relatives aux restrictions selon les destinations. Ensuite, la possibilité d’automatiser les procédures de nettoyage et le déploiement du paiement sans contact viennent renforcer ce sentiment de sécurité.
Le groupe travaille notamment avec Star Alliance pour fournir une expérience sans contact en aéroport, grâce au biométrique. L’objectif : équiper tous les points de contrôle de reconnaissance biométrique. L’idée est de coupler cette technologie à Traveler ID, une solution sécurisée et ouverte d’échange et de vérification de données d’identification qui connecte l’identifiant d’un passager à n’importe quel portail biométrique en ligne lors des différentes étapes du déplacement. « Le débat autour du passeport de santé numérique est nécessaire. C’est notre ambition avec Traveler ID. C’est un investissement nécessaire pour redonner confiance aux voyageurs et c’est pourquoi nous discutons avec plusieurs acteurs du secteur », explique le Directeur France d’Amadeus.
Outre Amadeus et Alliance, plusieurs sociétés se penchent sur le développement de ces futurs "Passeport Santé". En Israël, Pangea réfléchit au développement d'un passeport d'immunité, en étroite collaboration avec l'Etat, afin de permettre aux touristes de circuler dans les aéroports du monde entier. Cette solution permettrait aux gouvernements d’émettre une carte à puce biométrique pour vérifier que son détenteur n’est pas porteur du virus ou qu’il est immunisé.
Au sein des aéroports, le développement des tests antigéniques jouera également un rôle crucial dans la reprise et de nombreuses infrastructures les ont déjà mis en place, à l'instar de l'aéroport international de Vienne. Avant d'embarquer, chaque passager est ainsi invité à réaliser un test pour détecter la COVID-19 avec des résultats en seulement 15 min, garantissant ainsi un vol "Covid Free".
Véhicules autonomes et multimodalité
Du côté des transports terrestres, l’automatisation et la sécurité sanitaire seront également de mise. Sur les routes, si le développement des véhicules autonomes suit son cours, sur les rails, Alstom et la SNCF ont déclaré que le premier TER hybride transportera ses premiers voyageurs en 2021. Pour ce qui est de l’automatisation, la SNCF envisage de faire rouler les premières locomotives autonomes pour du transport de marchandises avant 2023 et 2025 pour les trains accueillant des passagers.
En parallèle, la tendance en 2021 sera toujours à la multimodalité et de nombreuses entreprises telles que Uber ou Free Now ambitionnent de devenir les leaders sur ce secteur très prisé. Pour la première fois, l’association internationale du transport aérien (IATA) a également signé un partenariat avec l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour établir les standards nécessaires au développement du transport multimodal. L’objectif : permettre aux voyageurs d’utiliser plusieurs modes de transport lors de leur trajet. Des modes de transport multiples, oui, mais plus « green » de préférence, puisque la crise de la COVID-19 n’aurait également fait que renforcer la nécessité de voyager moins, mais mieux.
Photo d'ouverture : @averieclaire