Il y a quelques jours, la société Emissive annonçait une levée de fonds de 2,9 millions d’euros et la création des Expéditions immersives, de nouvelles expériences mobiles en réalité virtuelle dédiées aux musées et monuments. Alors que les lieux culturels rouvrent le 15 décembre prochain, ce genre d’expériences pourrait-il encourager les Français à renouer avec la Culture ? Entretien avec Fabien Barati, cofondateur et CEO d’Emissive.


Il s’agit d’un nouveau format qui permet d’explorer notre patrimoine d’une manière unique. A travers la réalité virtuelle, l’utilisateur pourra explorer un site en groupe pendant 45 minutes. Il aura la sensation d’une visite réelle grâce au dispositif mobile de la technologie. Le dispositif repose sur la collaboration car l’expérience se fait en groupe, mais aussi sur la liberté car le visiteur peut se déplacer librement dans un espace de plusieurs centaines de m2. Avec les expéditions immersives, il est possible de voyager dans des zones normalement interdites ou dans le temps.
Est-ce une version plus poussée de l’expérience que vous avez proposé avec Scan Pyramids VR ?
Les expéditions immersives seront différentes car elles vont projeter le visiteur dans une histoire. Il pourra rencontrer des personnages et suivre une intrigue tout en voyageant dans l’espace et dans le temps. Il découvrira un lieu à son origine et dans son évolution. La narration est donc plus évoluée et les flux pourront être plus importants. Un espace de 300 m2 pourra par exemple accueillir 150 000 visiteurs par an.
La crise que nous traversons vous a-t-elle conforté dans l’idée de développer des expériences virtuelles pour les lieux culturels ?
Oui, cela nous conforte dans notre idée. Même avant l’arrivée de la crise sanitaire, il y avait déjà un intérêt de la population pour les visites à distance pour des raisons financières et écologiques. Certaines personnes n’ont pas les moyens de se rendre à l’autre bout du monde et certains lieux ne sont plus accessibles à cause de leur dégradation. D’autres lieux, au contraire, peinent à gérer un grand flux de visiteurs quand d’autres manquent de rayonnement. Nos expériences virtuelles permettent d’exporter les sites culturels partout dans le monde. Elles viennent compléter les sites culturels en les rendant attractifs. En créant un lien émotionnel avec le site, l’utilisateur aura encore plus envie de le voir en vrai. C’est également un moyen d’augmenter ses revenus. Le contenu étant coproduit par l’entité culturelle, elle reçoit une partie des bénéfices.
Ces expéditions immersives pourraient-elles également profiter aux destinations voulant se promouvoir ?
Nous ne réfléchissons pas à ce genre d’expériences pour le moment mais nous ne fermons aucune porte. Il est tout à fait possible de raconter des histoires de cette façon là également. Pour ne rien vous cacher, nous avons des marques d’intérêt de la part de régions et de villes, notamment au Moyen-Orient, où le Tourisme se développe.
Quels sont vos objectifs dans les prochains mois ?
Nous allons annoncer un partenariat d’envergure en janvier, mais je ne peux rien vous dire pour l’instant (rires). Nous souhaitons créer des partenariats avec des institutions culturelles pour développer des expéditions mais aussi en coproduire pour qu’elles puissent voyager à travers le monde. Le contenu serait alors déployé et dupliqué à la manière d’un film.
