Renforcer sa capacité d’innovation est l’investissement le plus rentable pour sortir de la crise

Dans une étude pour l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, Marc Giget, entrepreneur expert en innovation et membre de l'Académie des…

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Julia Luczak-Rougeaux

30 novembre 20204 min de lecture

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© Dustin Tramel

Dans une étude pour l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, Marc Giget, entrepreneur expert en innovation et membre de l'Académie des technologie, démontre qu’innover a toujours réussi aux entreprises dans les périodes de sortie de crise. Une démarche engagée par les entreprises qui misent sur la réduction des coûts, la simplification et la coopération pour l’après Covid-19.

Au début de l’étude, Marc Giget rappelle que l’Histoire a montré que les périodes de crises sont des accélératrices de l’innovation. Des entreprises comme McDonald, IBM, Microsoft, Airbus ou plus récemment Alibaba, Netflix ou Zoom ont construit leur leadership sur des innovations créées lors de crises globales ou sectorielles. Mais rares sont les entreprises qui parviennent à se réinventer dans un contexte économique difficile où les budgets sont bien minces. « En d’autres termes, en matière d’innovation, il va leur falloir faire nettement plus avec moins. », écrit Marc Giget.

Un défi qui ne semble pas impossible à surmonter. Certes, une partie des projets d’innovation ont été remis à plus tard. Selon l’étude, 15% des entreprises, particulièrement dans la banque, l’industrie et la distribution, ont décidé de faire une pause dans leur activité innovation. 15% ont, elles, réduit ces activités. Mais pour les 60% restantes, les équipes innovations multiplient les projets à court-moyen terme visant à lever les blocages à l’expansion de l’activité et à adapter les produits et services au nouveau contexte pour accroître le chiffre d’affaires et reconstituer les marges.

Deux exemples de crises : celle des années 80 et celle des subprimes

L’étude explique que pour comprendre comment les entreprises ont tiré profit de l’innovation, même en temps de crise, il faut revenir en arrière et analyser la crise du milieu des années 80 et plus récemment celles des subprimes. Une étude réalisée par McGraw-Hill Laboratory of Advertising a démontré que les entreprises qui avaient maintenu un effort d’innovation pendant la récession des années 80 ont connu une hausse significative de leur chiffre d’affaires lors de la période post-crise. Une croissance de 275% en moyenne sur les 5 années suivant la crise. Le phénomène est le même après la crise des subprimes : l’écart de capitalisation en faveur des entreprises ayant poursuivi leurs investissements d’innovation atteint +10% à la fin de la crise aigüe (fin du printemps 2009) et +30% cinq ans après le début de la crise (fin 2012).

Les différents programmes d’innovation des entreprises

Si l’innovation a connu une baisse de priorité au pire de la crise sanitaire, les dirigeants ont vite compris qu’il fallait ensuite reprendre les initiatives afin de ne pas se faire dépasser. Ce schéma illustre les différentes phases des actions d’innovation de sortie de crise.

Quatre programme d’innovation en découle :

  • Innovations immédiates et à très court-terme. Des démarches de 1 à 6 mois dont le but est de lever les blocages à la reprise. Organisation en équipes projet avec les opérationnels et responsables terrain, combinaisons de technologies existantes, transferts de technologies entre secteurs, outils numériques évolués, innovations de procédure.
  • Innovations à court-moyen terme. Des démarches de 6 mois à 2 ans afin de s’adapter rapidement à l’offre. Réduction des coûts par simplification, entrées de gamme plus accessibles et écologiques, nouvelles fonctionnalités en réponses aux besoins, offre premium sur les achats compensatoires à forte valeur ajoutée.
  • Innovations à moyen-long terme. Des démarches de 3 à 5 ans afin de concevoir de nouvelles offres et gammes. Des offres plus écologiques, plus inclusives, à très haute valeur ajoutée humaine, qui répondent à un meilleur équilibre entre monde numérique et réel. Des programmes structurés de R&D et d’intégration de technologies externes avec possibilité de financement public via les programmes de soutien à la reprise de l’activité économique.
  • Innovations à long et très long terme. Des démarches à horizon 2030 et au-delà avec pour but de répondre à des grands défis comme un objectif zéro carbone par exemple. Des grands programmes de R&D structurés, des nouvelles technologies et des filières stratégies aux chaînes logistiques plus autonomes. Financements essentiellement publics issus de plans de relance et d’appels à projet.

L’intérêt économique de ces différents programmes est résumé dans ce tableau :

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