D’ici 2022, Chrome s’affranchira des cookies tiers poussant l’industrie de la publicité en ligne à recourir à différents standards techniques pour cibler les internautes. Une évolution visant à offrir davantage de protection lorsque les internautes naviguent sur le web.
En début d’année, Google fait trembler l’univers de la publicité en ligne en annonçant la suppression des cookies tiers de son navigateur Chrome à compter de 2022. Le premier navigateur web au monde (63 % de PdM en 2020), est en revanche l’un des derniers à s’attaquer au sujet et emboite en réalité le pas à sa concurrence. Pour un web plus respectueux de la vie privée, l’industrie souhaite donc garantir plus de sécurité aux internautes qui naviguent sur le web.
En s’attaquant aux cookies tiers, ces fichiers déposés sur le disque dur d’un internaute lorsqu’il consulte un site web afin de suivre sa navigation, les navigateurs s’attaquent au traçage numérique sur le web. La publicité en ligne devra donc s’affranchir de ces traceurs pour cibler les consommateurs en ligne. Faut-il y voir un retour en arrière de la pratique ? « La publicité en ligne sera toujours pilotée par la donnée, elle emploiera d’autres standards techniques pour se faire », tempère Nicolas Rieul, Directeur France de Criteo. En d’autres termes, il s’agit d’une évolution technique à laquelle sont habituées les acteurs du secteur qui ont par le passé dû s’adapter à l’arrivée du mobile et des applications par exemple.
Le rôle croissant de l’IA
Pour autant, suite à l’annonce de Google, Criteo, l’un des acteurs français référents dans le domaine de la publicité ciblée, dévisse en bourse. « L’annonce de Google est en fait un calendrier », explique le responsable France de Criteo, loin d’être surpris par cette annonce. La société y voit une opportunité de repenser les standards de la publicité en ligne pour les 10 prochaines années. Devenue leader dans le domaine de la publicité ciblée (ou retargeting), Criteo a depuis diversifié son portefeuille de produits afin d’anticiper cette évolution, dont il est impossible à date de connaitre l’impact.
Et bien qu’elles doivent se passer de cookies tiers, les campagnes de publicité en ligne seront toujours pilotées par la donnée. Elles reposeront simplement sur d’autres standards techniques comme les cookies first-party, le hachage d’emails ou encore les logs. « Et dans la mesure où la disponibilité des données est réduite, l’avenir va renforcer la place des algorithmes et de l’intelligence artificielle pour valoriser la data disponible. La technologie va plus que jamais être nécessaire pour rendre la publicité intelligente », souligne Nicolas Rieul.
Photo d'ouverture : Jennifer Pallian