Dans un contexte de crise sanitaire où les hackers s’en donnent à cœur joie, les entreprises doivent redoubler de vigilance. Malgré une recrudescence des cyberattaques, le tour-opérateur Kuoni, qui travaille avec la société Sophos depuis 2013, reste bien protégé. Retour sur sa stratégie cybersécurité.
« L’un des grands chantiers cybersécurité que nous avons mené remonte à 2013, lorsque Kuoni France a retrouvé son indépendance », se souvient Stéphane Navarro, Responsable systèmes et réseaux chez Kuoni France. Au départ, la société cherchait à assurer la sécurité antivirale des postes de travail. C’est à ce moment-là qu’un partenariat est réalisé avec la société de cybersécurité Sophos qui depuis, protège tous les éléments de la chaîne de travail.
Depuis, le tour-opérateur a su organiser sa cybersécurité. Contrairement à d’autres entreprises actuellement, le télétravail massif poussé par la crise sanitaire ne crée pas de grandes difficultés chez Kuoni. « Cela fait plusieurs années que nous avons instauré le télétravail. Ce fut d’ailleurs un sujet important lors de notre déménagement de la Place Clichy à Saint Ouen en 2010 », explique-t-il. Depuis dix ans, à part certains postes bien spécifiques, tous les employés peuvent travailler depuis chez eux. « Ce qu’il a fallu faire en revanche est de revoir la volumétrie lors du premier confinement. Il a fallu redimensionner les machines virtuelles et augmenter la taille des tuyaux », complète Stéphane Navarro. Les employés de Kuoni travaillent avec du matériel de la société ou personnel. Dans le deuxième cas, le Responsable système et réseaux interdit l’usage de VPN (réseau virtuel privé entre employés et entreprises qui ne limitent pas le nombre d’utilisateurs), jugé trop risqué.
Un domaine qui ne peut pas connaître de coupes budgétaires
« Le Tourisme est le 1er secteur touché par la crise. Et même s’il est compliqué de maintenir son activité, il faut maintenir un niveau de cybersécurité correct », continue Stéphane Navarro. Une idée complétée par André Porruncini, Territory Account Manager IDF chez Sophos : « La perte de revenus liée à une cyberattaque est aussi dommageable qu’une crise économique ». C’est pourquoi le sujet ne doit pas être pris à la légère. « Les hackers profitent du fait que les entreprises soient concentrées sur d’autres sujets, c’est un cercle vicieux », précise-t-il. Comment alors faire face à des pirates qui utilisent des moyens de plus en plus sophistiqués alors que les caisses sont vides ? « Tout réside dans le calcul de risque. Les très bons outils coûtent chers. Alors pour s’en sortir, il faut trouver la juste balance », conclut Stéphane Navarro.