Hier, la société Volocopter et des grandes entreprises de l’Aéronautique et des Transports sont venus annoncer le lancement d’expérimentations de taxis volants à l’aérodrome de Pontoise dès 2021. L’objectif est de faire voler les appareils pour les Jeux Olympiques de 2024.
« Nous sommes dans le Cinquième Élément », a déclaré Valérie Pécresse pour commencer son discours, avant d’exprimer sa volonté de faire de l'Île-de-France « une terre d’innovation où s'invente le futur et l'aéronautique de demain ». Pour parvenir à cet objectif, la région s’est associée au groupe ADP, à la RATP et à Choose Paris, l’agence de promotion de la capitale, afin de lancer une filière de mobilité aérienne urbaine. L’objectif de la filière ? Développer des taxis volants qui pourront transporter, dans un premier temps, les sportifs lors des Jeux Olympiques prévus à Paris en 2024.
Florian Reuter, CEO de Volocopter explique à Valérie Pécresse et Catherine Guillouard comment fonctionne l'appareil ©TOM.travel
Volocopter choisit l’aérodrome de Pontoise
Ces taxis volants ont été imaginés par la société allemande Volocopter, la plus avancée en Europe. Seul constructeur à avoir obtenu l’approbation de l’Agence européenne de la sécurité aérienne, elle a levé 37 millions d’euros en début d’année afin de commercialiser ses véhicules dès 2023. L’aérodrome de Pontoise sera donc un « bac à sable » pour la jeune société afin de mener des expérimentations qui commenceront dès juin 2021.
Mais Volocopter ne sera pas la seule à mener des expérimentations pour développer des aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). La Présidente de la région Île-de-France a lancé un appel à manifestation d’intérêt international pour toutes les entreprises voulant participer à ce projet. Constructeurs, concepteurs de vertiports, fournisseurs de maintenance, de plateformes digitales, etc. sont appelés à déposer un dossier. Les meilleurs projets seront sélectionnés à la fin de l’année.
Des partenaires de haut vol
« Notre industrie continue d’avancer vers son objectif, décarboner », a déclaré Edward Arkwright, DG exécutif du groupe ADP, partenaire de projet. Le secteur de l’Aéronautique veut mettre au point un avion neutre en carbone d’ici 2035. « Nous posons aujourd’hui la première pierre », a-t-il continué. Demain, des navettes entre aéroports et gares ou entre aéroports et centre de Paris en taxis volants sont envisageables.
Un objectif zéro carbone partagé par la RATP qui veut de son côté décarboner son réseau de surface d’ici 2025. « Nous voulons nous inscrire dans la ville durable », a expliqué Catherine Guillouard, PDG du groupe RATP. Faut-il espérer pouvoir se rendre au travail en taxi volant dès 2024 ? Pas vraiment. Le taxi volant ne remplacera pas le RER et ne pourra pas transporter un million de voyageurs par jour. En revanche, la RATP pourrait très bien jouer un rôle dans le développement des vertiports… « Nous travaillons sur des offres d’atterrissage et de décollage. Beaucoup d’actifs sont présents en Île-de-France », a déclaré la PDG du groupe RATP. Ces véhicules pourront davantage servir dans le cadre d’une urgence sanitaire comme celle que nous connaissons ou à des hommes d’affaires et dans une moindre mesure, ils pourront avoir un usage touristique ou de désenclavement du territoire.
Florian Reuter, CEO de Volocopter ©TOM.travel
Des défis juridiques plus que techniques
Electrique et peu bruyant (67 décibels à l’atterrissage, l’équivalent du bruit d’une tondeuse), le taxi volant développé par Volocopter est déjà bien avancé selon son équipe. Dans un premier temps, les vols à bord du Volocity se feront avec un pilote. Mais l’objectif est de le faire voler de manière automatisée et habitée dans quelques années. « Aujourd’hui, nous sommes déjà capables de voler de manière automatique via une télécommande », nous a expliqué Fabien Nestmann, Head of Public Affairs de Volocopter. Reste encore à déterminer un cadre juridique à ces vols. Sur cette partie, l'EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne) et la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile) discutent avec tous les acteurs concernés afin de mettre en place des routes aériennes à basse altitude. Volocopter espère faire certifier son appareil d’ici deux ans, ce qui donnerait le coup d’envoi de sa commercialisation.
Les batteries électriques du Volocity ©TOM.travel