Sujet d’actualité en France, la 5G est actuellement au cœur des débats entre détracteurs et partisans. Mais pour une grande majorité de la population, difficile de comprendre quels sont les enjeux autour de ce standard de télécommunication. Mark Melling est responsable du RYOT EMEA, un studio nouvelle génération autour des technologies de pointe. Chez Verizon Media, il travaille avec les entreprises afin d’implémenter ces technologies dans une approche marketing. Il dirige également le deuxième plus grand studio dédié à la 5G à Londres, le premier se situant à Los Angeles. Dans cette interview, il explique comment la 5G va bouleverser l’organisation des évènements virtuels.


La 5G permet de réunir l’aspect physique d’un évènement et le virtuel. Aujourd’hui, les évènements virtuels sont beaucoup composés de 2D ou de 3D car pour avoir une bonne qualité, il faut traiter beaucoup de données. Il y a beaucoup de barrières avec la 4G et le contenu n’est pas optimal. Avec la 5G, la vitesse sera bien plus rapide mais aussi plus puissante. Davantage de personnes pourront se connecter simultanément. Les expériences se feront en temps réel et en meilleure qualité. La 5G fonctionne très bien en termes de connectivité entre des objets en mouvement. Elle est aussi plus fiable. Je pense qu’au sortir de l’épidémie, les évènements virtuels vont continuer à exister. Nous ne serons plus cantonnés à un espace physique et nous pourrons néanmoins continuer d’interagir. Selon moi, chacun aura un jumeau numérique que l’on utilisera sur des plateformes virtuelles. On l’a vu ces derniers mois. Le concert de Travis Scott dans Fortnite a montré l’engouement pour ce genre d’expériences. Des millions de personnes ont assisté à la représentation. Le chanteur The Weeknd a quant à lui organisé un concert sur Tik Tok et Joe Bidden a fait campagne dans le jeu Animal Crossing. Mais pour que ce genre d’évènements fonctionne, il faut que la qualité soit optimale. Dans le sport, je pense qu’il sera toujours possible d’assister à un match de manière hybride après l’épidémie, de manière physique ou virtuelle. Mais avec la 5G, les personnes présentent dans le stade auront une expérience augmentée. En plus de voir le match sur place, elles pourront profiter de ralentis ou de détails auxquels elles n’avaient pas accès auparavant.
Joe Biden fait campagne dans Animal Crossing
Avec Horizon, Facebook imagine le futur du réseau social à travers la réalité virtuelle. Pensez-vous qu’il deviendra une plateforme importante pour les évènements virtuels ?
Je pense que Facebook Horizon sera l’un des protagonistes, mais pas forcément le plus gros. Pour moi, c’est le secteur des jeux-vidéo qui est le plus avancé. Pour le moment, les avatars de Facebook sont plutôt de faible qualité, ce qui n’est pas le cas des personnages de Fortnite par exemple, qui possèdent une plus grande interactivité. Peut-être qu’il existera une intégration entre les différentes plateformes, qui sait.
Pensez-vous que les évènements virtuels vont se démocratiser ? Le public est-il prêt ?
Si la pandémie de la Covid-19 n’avait pas eu lieu, auriez-vous, chez TOM.travel, organisé un évènement 100% virtuel au mois de juillet ? Vous l’auriez peut-être fait dans un an ou dans cinq ans… Il y a eu une accélération dans l’organisation de ce genre d’expériences. Mais il faut le reconnaître, ce qui est proposé aujourd’hui n’a rien à voir avec que l’on pourra faire avec la 5G. Il est pourtant essentiel qu’ils existent, afin de comprendre ce qui fonctionne et fonctionne moins et apprendre des interactions entre les participants. Chez Verizon, nous avons organisé un défilé de mode virtuel en juillet dernier. 150 personnes ont pu naviguer dans un monde en réalité virtuelle et plus de 10 millions y ont assisté en streaming. En plus de voir les tenues, il était possible d’accéder à des informations supplémentaires sur le processus de création par exemple. Nous voulions aller plus loin qu’un défilé classique. Le plus important est de créer un univers user-friendly. Et pour ça, il faut expérimenter.
L’adoption de ce genre d’expériences n’est-elle pas une question de générations ?
Oui en effet. La génération Z, contrairement aux Millennials, est née avec le numérique et une constante connexion à Internet. Les Millennials, eux, ont toujours pu choisir entre le numérique et le physique. Mais je ne pense pas que cette plus jeune génération cherche le virtuel à tout prix. On l’a vu ces derniers mois, elle s’est rendue plus fréquemment dans des boutiques physiques que ses aînés quand l’expérience était bonne. Je pense que c’est ça qu’elle recherche avant tout.
On parle beaucoup de la 5G, mais quand est-ce qu’elle arrivera vraiment ?
D’ici trois ans et demi, il devrait y avoir un milliard d’utilisateurs à travers le monde. En Corée du sud, la pénétration de la 5G est déjà très bonne. Apple n’a pas encore lancé son iPhone avec la 5G, mais quand ce sera le cas, cela aura un réel impact sur les usages. Uber et Netflix vont certainement s’y mettre aussi prochainement. Pour le moment, le principal frein est l’équipement. La politique également joue un rôle. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, le déploiement de la 5G va très vite. Il y aura un effet boule de neige, à la manière de la 4G. Les clients définiront le type de contenu qu’ils veulent consommer et les entreprises y répondront.
Le site Ookla montre dans une carte le déploiement de la 5G à travers le monde
