Cette année, Phocuswright Europe se déroulait totalement en ligne. Durant la deuxième journée de conférences virtuelles, deux sessions portaient sur le monde d’après. L’une sur le rôle du paiement dans une ère post-covid et l’autre sur l’évolution de la mobilité dans les prochaines années.
« Le Big Data, le machine learning, tout cela est assez nouveau dans le secteur du Paiement », a commencé Louise Garratt, Senior Payments Manager chez easyJet. Pourtant, il est certain qu’une meilleure gestion des données peut contribuer à réduire la fraude et identifier les points d’amélioration. Il est primordial d’analyser ses données d’une manière globale, encore plus dans le contexte actuel et à venir selon elle.
Les intervenants de la sessions "The Critical Role of Payments in Reshaping the Travel Landscape"
« Depuis le début de la crise, il y a une pression qui s’exerce sur le paiement, notamment sur la liquidité », a continué Chiara Quaia Vice President Market Development Travel Enterprise Partnerships chez MasterCard. Une idée complétée par Peny Rizou, Global Digital Payments and Fraud Director chez Etraveli : « L’industrie n’était pas prête à gérer toutes les demandes de remboursement suite aux annulations de vols. Tous les acteurs de la chaîne ont été impactés et ont subi des pertes. Les OTA devaient rembourser les clients alors qu’ils n’avaient pas encore reçus les commissions de la part des compagnies aériennes. Pendant ce temps, les avions étaient cloués au sol. ». Faut-il alors réorganiser le système actuel ? Pour Chiara Quaia, il y a un manque de visibilité et de flexibilité évident dans le secteur. « Il faudra davantage prévenir les risques pour plus d’agilité », a-t-elle ajouté.
Cette flexibilité passe aussi par les moyens de paiement mis à disposition des voyageurs selon Bas Lemmens, CEO de Meetings.com et Président EMEA de HotelPlanner.com. Suite à une question de TOM.travel, Louise Garratt, Senior Payments Manager chez easyJet, a partagé sa vision sur le paiement virtuel : « Il y a toujours eu beaucoup de frictions entre les compagnies aériennes et les OTA à propos du co-paiement virtuel. La situation actuelle va sans doute accélérer les discussions sur le sujet. En revanche, du point de vue d'une compagnie aérienne, je ne pense pas que la pandémie va accélérer l’adoption de la cryptomonnaie. »
Un secteur du Voyage plus petit et plus intelligent ?
Les intervenants de la session "Executive Roundtable: Beyond Travel - What Comes Next?
Après le paiement, ce sont les acteurs des Transports qui se sont exprimés sur l’impact actuel de la Covid-19. « Dans le contexte actuel, nous observons trois attentes de la part de nos clients », a expliqué Christophe Peymirat, Head of Uber for Business EMEA, « La sécurité des voyageurs et des chauffeurs, la rentabilité ainsi qu’un moindre impact sur l’environnement, que ce soit dans le loisir ou le voyage d’affaires ».
« Une chose est sûre, c’est que les gens veulent continuer de voyager, même si c’est à plus petite échelle », a partagé Oliver Dlouhy, CEO de Kiwi.com. Le Tourisme va-t-il devenir plus petit mais aussi plus intelligent ? Selon David Higgins, General Manager de Trainline for Business, le contexte actuel est un facilitateur de transformation numérique. « Le secteur ferroviaire va être forcé de repenser la place du mobile dans l’expérience voyageur », a-t-il déclaré. Pour Dara Brady, Director of Marketing & Digital de Ryanair, il ne s’agit pas de réduire le marché pour devenir plus intelligent. Mais il faudra en effet chercher à devenir plus agile par la suite.
Et si être "smart", c'était accompagner le voyageur de A à Z ? Quand le Head of Uber for Business EMEA met en avant les points positifs d’une plateforme MaaS (mobility as a service), le Director of Marketing & Digital de Ryanair est plus réservé. Selon lui, proposer plusieurs moyens de transports n'est pas une finalité. « Nous ne cherchons pas à devenir le Amazon du transport. Nous cherchons avant tout à faire notre job le mieux possible », a-t-il avancé.
Selon les intervenants de la table-ronde, l’environnement sera toujours au centre des préoccupations dans une ère post-covid. « En France, il existe déjà des solutions qui proposent de privilégier tel mode de transport en fonction de ses préoccupations », a remarqué David Higgins, General Manager, Trainline for Business de Trainline. Pour Uber, l’environnement sera un sujet important dans les mois et années à venir : « Nous allons investir 800 millions de dollars pour que nos chauffeurs puissent s’équiper de véhicules électriques », a rappelé Christophe Peymirat.