La crise du Covid-19 va-t-elle accélérer la transformation numérique des entreprises ?

Il y a quelques jours, AirPlus organisait un webinar à défaut de pouvoir organiser son évènement Univ’AirPlus.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

7 septembre 20203 min de lecture

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Image de la série L'Homme qui valait 3 milliards© Archives Travolution

Il y a quelques jours, AirPlus organisait un webinar à défaut de pouvoir organiser son évènement Univ’AirPlus. Intitulée « Le Digital, Booster de l’Antifragile », la session a été l’occasion de revenir sur les tendances technologiques qui impactent et impacteront les entreprises, contraintes de s’adapter dans le contexte actuel.

Après une introduction de Julie Trussicot, Directrice France d’AirPlus, et d’Aurélie Krau, Consultante chez Festive Road, c’est Patrice Slupowski, Customer Success Manager EMEA chez Google Cloud et anciennement SVP Digital Innovation d’Orange, qui est intervenu sur trois technologies qui impactent actuellement les entreprises : le cloud, l’IoT et l’intelligence artificielle.

« Software is eating the world », « Data is the new oil », « Real time is too late », « Everything as a service », toutes ces punchlines reflètent l’évolution des technologies actuellement selon Patrice Slupowski.

L’internet des objets est l’une d’entre elles. « Les processeurs sont passés de la taille d’un étage à la taille d’une branche de Google Glass », a illustré Patrice Slupowski.  Aujourd’hui, chaque partie du corps peut être augmentée et l’on se rapproche du transhumanisme. « Tel l’homme qui valait 3 milliards, on s’équipe de technologies pour devenir plus fort et plus rapide », a-t-il continué. La rencontre de l’humain et de la machine est intéressante selon lui, mais concerne moins les entreprises.

Là où elles peuvent tirer parti de cette technologie, c’est dans la collecte de données. « Les objets sont la partie émergente de l’iceberg. En dessous se trouvent tous les services qui en découlent », a déclaré le Customer Success Manager EMEA chez Google Cloud, « Nous assistons à une mise en données du monde ».

La face cachée de la digitalisation

Ce que remarque le spécialiste, c’est la digitalisation en surface de certaines entreprises. « Aujourd’hui, beaucoup de clients sont autant informés que les employés d’une entreprise. Les assurances se digitalisent et pourtant elles n’ont pas changé leur manière d’assurer par exemple. C’est le cas dans de nombreux autres secteurs, comme celui des transports », a-t-il expliqué.

Mais la situation peut changer selon lui, particulièrement dans le contexte actuel. Pour s’adresser à leurs clients ou même se réorganiser en interne, les entreprises ont dû se familiariser avec de nouveaux outils numériques et se mettre à niveau. C’est un début. Mais s’agit-il d’une réponse à la crise actuelle ou d’un changement de fond ? Selon lui, pour entamer une véritable transformation numérique, les entreprises devront miser sur les données qui sont le carburant de l’intelligence artificielle.

Pour Patrice Slupowski, l’intelligence artificielle est pertinente dans quatre domaines : la gestion du langage naturel (chatbot, assistant), la computer vision (voiture autonome, vérification d’identité), l’analyse de données (identification des patterns) et les jeux (échecs ou jeu de go). Tout ce qui ne relève pas de ces domaines reste l’apanage de l’intelligence humaine.

Les données dans le Voyage d’Affaires

Pour concrétiser davantage les enseignements de l’expert du numérique, Aurélie Krau, Consultante chez Festive Road, s’est interrogée sur l’utilisation des données dans le Voyage d’Affaires. « Dans le secteur, maîtriser sa data c’est maîtriser son offre », a-t-elle déclaré. La plupart des programmes voyage mis en place sont orientés finance. Mais dans le contexte actuel, cette donnée pourrait aussi servir à établir le degré de confiance d’un pays par exemple. « Plusieurs informations peuvent êtres pris en compte, des annonces des différents gouvernements aux données plus sanitaires. Quand ma chambre a-t-elle été nettoyée pour la dernière fois ? Ces nouveaux points de données peuvent êtres intéressants », a expliqué Aurélie Krau.

Si la Covid-19 est l’occasion pour de nombreuses entreprises de penser différemment, elles ne pourront entamer leur transformation numérique qu’à deux conditions selon elle : accepter le changement et se faire accompagner. Dans ce sens Patrice Slupowski a donné les quatre facteurs de succès qui découle de l’acronyme DATA : D pour disruption, A pour ambition, T pour tech friendly, et A pour all hands, tout le monde est concerné.

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