En 2024, Zephalto proposera des voyages dans l’espace en ballon stratosphérique

Zephalto a de grandes ambitions pour le Tourisme Spatial.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

4 septembre 20204 min de lecture

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Le ballon stratosphérique Zephalto© Archives Travolution

Zephalto a de grandes ambitions pour le Tourisme Spatial. Face à SpaceX ou Virgin Galactic, la startup basée en Occitanie mise sur des voyages plus écologiques grâce à l’utilisation d’un ballon stratosphérique et d’une technologie unique. En 2024, les deux créateurs de la jeune pousse comptent réaliser leur rêve : voler au-dessus des nuages et démocratiser l’accès à l’espace. Rencontre avec Guillaume Aldegheri, CEO de Zephalto.

Quel est le projet de Zephalto avec son ballon stratosphérique ?

Guillaume Aldegheri, CEO de Zephalto

L’idée est de s’envoler à 25km d’altitude à bord d’un ballon. C’est la réalisation de deux rêves, celui de regarder les étoiles et de le faire tout en respectant au mieux notre planète. A cette altitude, des milliers d’étoiles vous entourent, tandis que le bleu de la Terre se confond avec le bleu de l’atmosphère. Nous voulons réaliser notre première croisière en 2024. Pour arriver jusqu’ici, nous devons encore réaliser plusieurs campagnes de prototypes.

Comment se passera un voyage en ballon stratosphérique ?

Contrairement à d’autres entreprises du tourisme spatial, tout le monde pourra participer à l’expérience, adultes comme enfants. Nous ne proposons pas une expérience à sensation forte à bord d’une fusée, mais une montée tout en douceur. Le voyage pourra durer 4h le temps de l’ascension et de la descente, jusqu’à une journée entière. Nous voulons proposer plusieurs expériences à bord, tout dépend du rêve que l’on veut concrétiser. Il peut s’agir d’un « simple » voyage, d’un dîner d’entreprise ou d’une escapade en amoureux. C’est pourquoi la nacelle sera modulable, elle pourra proposer une configuration debout ou se transformer en chambre d’hôtel. Durant l’ascension douce, les voyageurs pourront d’abord admirer le pic des montagnes au-dessus des nuages et ensuite admirer le noir intense de l’espace à travers les baies vitrées. A cette altitude, il sera possible de voir les étoiles en plein jour et d’observer leurs couleurs, tout en apercevant à la fois Madrid et Montpellier. Le prix de l’expérience sera révélé en 2021 lorsque nous ouvrirons les préventes. Pour le moment, je peux vous dire qu’il faudra débourser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un billet.

La nacelle du ballon

Pourquoi choisir Zephalto et voyager en ballon plutôt que SpaceX et voyager en fusée ?

Tout dépend de l’expérience que vous voulez vivre. Préférez-vous aller dans l’espace seul(e) en vivant des sensations fortes comme le proposent SpaceX, Virgin Galactic ou Blue Origin ? Ou préférez-vous partager cette expérience avec vos proches comme nous le proposons ? L’équipement également est différent. Comme il ne s’agit pas d’un vol en fusée, les voyageurs portent une combinaison qui n’est pas équipée d’un scaphandre. C’est plus confortable. Enfin, n’oublions pas l’aspect écologique. Voyager en ballon et moins polluant qu’en fusée.

Justement, quelle technologie utilisez-vous pour vous rendre dans l’espace ?

Nous venons de réaliser un vol avec succès pour tester le prototype de notre ballon porteur Odyssey. En 2018, c’est notre ballon régulateur d’altitude qui a montré sa fiabilité. Notre technologie est unique, elle consiste en un ballon porteur, une nacelle pressurisée, un régulateur d’altitude et des panneaux solaires. Pour monter, nous ajoutons du gaz plus léger que l’air et nous en relâchons pour redescendre. La façon dont nous traversons le trafic aérien et dont nous atterrissons est unique grâce à notre régulateur d’altitude. Cela nous permet de réaliser des paliers, de nous poser en douceur et donc de réutiliser notre ballon, fabriqué en Occitanie, qui ne se déchire pas. Nous allons réaliser un autre vol d’essai en octobre prochain afin d’augmenter la durée de vol en altitude. En 2021, notre objectif sera d’atteindre les 20km d’altitude.

Nous travaillons en collaboration avec le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales, ndlr), l’ESA (Agence Spatiale Européenne, ndlr) et la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile, ndlr). Un des plus gros défis que nous aurons à accomplir concerne la réglementation. Il faudra la façonner en collaborant avec ces différentes entités. Notre ballon servira également à réaliser des expériences scientifiques.

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