Après avoir lancé la première carte de crédit dédiée aux influenceurs, Karat ambitionne de devenir l’acteur bancaire et financier de référence pour le secteur.
Estimé à près de 15 milliards de dollars en 2020, selon Influencer Marketing Hub, le marché du marketing d’influence est un secteur porteur. Une rentabilité pourtant difficilement perceptible par les institutions bancaires traditionnelles qui y voient une activité opaque et une multitude de modèles économiques dont elles ne comprennent pas toujours les mécanismes. Dans ce contexte, difficile pour les influenceurs spécialisés dans le voyage, les jeux-vidéo ou encore les cosmétiques, dont les revenus représentent parfois plusieurs centaines de milliers d’euros, d’obtenir des services financiers adaptés à leur besoin de la part des banques.
« Imaginez que vous gagnez 2 ou 3 millions de dollars par an et qu’ils vous plafonnent à 20 000 dollars par mois », expliquait à Wired Spencer Donnelly, un influenceur plus connu sous l’alias TheRussianBadger auprès de ses abonnés Youtube amateurs de jeux-vidéo. Une problématique à laquelle Karat veut s’attaquer pour devenir, à terme, la « banque centrale du marketing de l’influence ». Cofondée par un ancien collaborateur d’Instagram, Eric Wei, et un financier passé par Goldman Sachs, Will Kim, Karat veut fédérer les univers de la banque et de l’influence autour d’une gamme de produits bancaires et financiers dédiés. Après avoir levé 4,5 millions de dollars pour son lancement et comptant Kevin Lin, cofondateur de Twitch ou encore Wayne Hy, ancien dirigeant de Youtube, la startup a lancé la première carte de crédit dédiée aux influenceurs baptisée Karat Black Card.
Une carte de crédit sur mesure
Les revenus générés par les influenceurs étant variables d’un mois à l’autre et dépendant de différentes sources, il est difficile pour une institution bancaire de mesurer la viabilité de tel ou tel projet. Karat mesure donc la performance des influenceurs sur les réseaux sociaux via le nombre d’abonnés, le taux d’engagement et la présence sur une multitude de plateforme notamment. La startup explique par ailleurs qu’un million d’abonnés TikTok ne représente pas la même valeur marchande qu’une communauté d’une même ampleur sur Instagram. Tout simplement car la seconde plateforme a développé des outils de monétisation.
Karat dit également inspecter la stratégie de diversification de contenus déployée par les influenceurs ainsi que leur degré de « professionnalisme » en mesurant par exemple les temps de réponse à un mail. Lorsqu’un influenceur remplit les critères, Karat met à disposition gracieusement sa carte de crédit adaptée à chaque activité et aux différents modèles économiques. Les spécialistes du Gaming peuvent par exemple bénéficier de promotions lorsqu’ils achètent leur matériel sur certains sites, tandis que les influenceurs cosmétiques bénéficient d’avantages auprès des marques de maquillage. À terme, Karat veut se positionner comme la référence financière et bancaire du secteur et indique avoir déjà aidé des stars des réseaux sociaux à contracter un prêt immobilier.
Photo d’ouverture : dole777