La révolution verte est-elle sur le point de voir le jour dans le secteur des Voyages d’Affaires ? C’est ce qui ressort du premier index des voyages d’affaires durables publié par SAP Concur. Selon le rapport, 58 % des voyageurs d’affaires européens font fi de la politique et des budgets voyage de leurs entreprises afin de voyager plus durablement. Un comportement encore plus marqué chez les collaborateurs français (63 %). Le "leakage" ou "fuite" en anglais, le terme illustrant la déviance des voyageurs d'affaires vis-à-vis de la politique voyage et des outils de l'entreprise en effectuant par exemple des réservations sur des plateformes grand public. Un phénomène coûteux pour l'entreprise - en 2018, GBTA estimait la note a 3000 dollars par an et par voyageur- motivé par différents facteurs tels qu'un manque de connaissance de la politique voyage et plus souvent en raison d'une expérience utilisateur "très pauvre" dans les outils corpo. Ces derniers devront désormais intégrer des indicateurs de "durabilité" des déplacements si l'on tient compte des résultats de l'étude. De même, la quasi-totalité des sondés (99 %) se dit prête à consacrer plus de temps à leur voyage si cela améliore sa « durabilité », et 40 % ont déclaré qu’ils seraient prêts à ajouter plus de quatre heures à leur déplacement si cela rendait le voyage plus « vert », tandis que 3 % des sondés seraient même prêts à ajouter huit heures ou plus à leur trajet pour un voyage plus « vert ». SAP Concur rapporte que les collaborateurs du secteur automobile montrent un plus grand engagement pour des déplacements plus vertueux : plus d’un voyageur sur deux étant prêt à ajouter plus de 4 h à leur déplacement. Un comportement moins marqué dans le secteur des services, où seulement 26 % des sondés se disent prêt à faire une croix sur leur confort pour le bien de la planète. Et à la question « Comment encourager les voyages plus verts ? », près de la moitié des sondés (48 %) considère les procédures de compensation carbone comme la meilleure incitation. Est également mentionné le fait de célébrer et partager les meilleures pratiques en la matière (47 %), la proposition de meilleures options comme des surclassements (47 %), les avantages financiers (47 %), la possibilité de combiner affaires et loisirs (42 %) ou encore la mise à disposition de congés supplémentaires (38 %).
Mesurer la « durabilité »
L’efficacité des mécanismes d’incitation varie en fonction de la tranche d’âge des voyageurs interrogés : les 18-24 ans en Europe identifiant les meilleures options d’hospitalité, telles que les surclassements, comme étant les plus efficaces (41 %), alors que les 40-54 ans estiment que les initiatives de compensation carbone sont les plus efficaces (50 %). Côté décideurs et travel managers, le recours aux outils permettant d’évaluer la durabilité des différentes options de voyage et d’hébergement constitue la méthode d’incitation la plus efficace. Selon le rapport, 45 % des voyageurs déplorent ne pas avoir accès à de tels outils et y voir un frein à la réalisation de déplacements plus verts. Enfin, les voyageurs d’affaires français voient dans le confort du voyage (54 %) et le temps de planification (51 %) les deux principaux facteurs décourageants. Les jeunes générations semblent, contre toute attente, plus attachées à leur confort que leurs ainées. À travers l’Europe, les 18-24 ans sont les plus susceptibles de compromettre la durabilité de leur voyage pour le confort (45 %). En comparaison, les 55-75 ans sont les plus susceptibles de compromettre la durabilité de leur voyage pour des raisons de budget (47 %).
