Étude : les startups en série B plus impactées par la crise du coronavirus

Quel est l’impact de la crise sur l’écosystème startups ?

Nous suivre sur Google
HP

Hugo Pellegrin

8 juin 20204 min de lecture

etude-startups-serie-B-plus-impactees-crise-coronavirus
© Archives Travolution

Quel est l’impact de la crise sur l’écosystème startups ? Station F a sondé 120 des principaux fonds de capital-risque pour dresser un panorama de l’impact sur le secteur.

Selon le rapport, 91 % des startups dans le monde ont ressenti les effets du COVID-19 dont 97 % des jeunes pousses actuellement en phase de série B. « Le cycle de la série B a toujours été le plus difficile parce que vous entrez dans la phase “métrique”. Dans le contexte d’une récession, cette situation se révèle d’autant plus difficile. Les investisseurs à la recherche de faibles valorisations se tourneront naturellement aux phases d’amorçage et les investisseurs à la recherche de paris plus sûrs privilégieront des jeunes pousses en phase de croissance », détaille Matt Turck, Associé FirstMark Capital.

Réduire les coûts

Selon Station F, 40 % des startups estiment que la situation s’améliore au fil du temps tandis que 36 % ne constatent pas d’évolution et 24 % considèrent que la situation se détériore. Pour faire face à la situation, 72 % indiquent avoir réduit leurs dépenses au niveau mondial depuis le début de la crise. Un comportement adopté par 64 % des jeunes pousses en phase de préamorçage.

Quels sont les domaines faisant l'objet d'une réduction des coûts ? Tech (20%), R&D (18%), Client (14%). Crédits : Station F

Station F rapporte que les services marketing (61 %) et RH (55 %) sont les plus touchés par la réduction des coûts, tandis que l’expérience client (14 %), la R&D (18 %) et la Tech (20 %) sont les domaines les moins impactés par une réduction des coûts. Au-delà de ces réductions, 51 % des jeunes pousses ont profité d’une aide financière des états sous la forme d’une subvention ou d’un prêt.

Utilisation des aides gouvernementales dédiées aux startups en France. Crédits : Station F

Des aides auxquelles 28 % n’étaient pas éligibles et 13 % non-intéressées. « Pour chaque startup, la crise a été l’occasion de réévaluer leur culture, leurs processus de travail et leur base de coûts et la plupart d’entre elles en sortiront beaucoup plus fortes. Je suis confiant dans l’avenir de la technologie française car l’accélération de la transformation numérique va continuer », commente Philippe Botteri, Associé Accel Ventures. La tendance d’une confiance accrue dans le numérique au sortir de la crise semble se confirmer.

Des investissements à bout de souffle

Le rapport révèle que 18 % des jeunes pousses ont effectué un pivot de leur produit durant la crise afin d’adresser un nouveau marché, une transition que 13 % des startups interrogées envisagent d’effectuer dans les 6 prochains mois. De plus, elles sont 51 % à considérer que la crise implique de revoir leur stratégie de développement à l’international. L’impact sur les emplois confirme une position plus complexe pour les jeunes pousses en cycle de Série B. Les données de Station F révèle ainsi que 34 % d’entre elles ont dû licencier des employés pour faire face à l’épisode du coronavirus. À titre de comparaison, 17 % des startups en moyenne ont effectué des licenciements.

28% des startups prévoient d'embaucher entre 5 et 10 collaborateurs d'ici la fin de l'année. Crédits : Station F

À l’inverse, 48 % des startups dans le monde ont embauché de nouveaux employés depuis début mars et 78 % prévoient de le faire d’ici la fin de l’année. À l’échelle mondiale, 40 % des jeunes pousses indiquent être en phase de recherche de fonds selon Station F. Le rapport révèle que la crise a contraint 40 % des startups interrogées à annuler une levée de fonds initialement prévue. 21 % des startups indiquent toutefois être parvenus à lever des fonds en dépit de la crise, 19 % avoir cherché d’autres alternatives et 17 % que la crise a eu un impact sur le montant des levées de fonds accordées.

Enfin, 47 % des entrepreneurs voient moins d’intérêt, de disponibilité ou de réactivité de la part des fonds de capital-risque. Une donnée alarmante pour l’écosystème mondial des startups. Quant à l’évolution des modes de travail entraîné par la crise, 39 % des startups fonctionnaient déjà à distance avant la crise et 47 % des sociétés prévoient d’accroître le travail à distance.

Le pourcentage de startups actuellement en recherche de fonds en fonction des cycles de financement. Crédits : Station F

Consulter l'intégralité de l'étude.

Photo d'ouverture : Matias Malka

Sur la même thématique

Voir tout