Google travaillait sur l’élaboration d’un quartier intelligent à Toronto depuis deux ans et demi. Mais les difficultés financières qui s’annoncent, en grande partie dues au Covid-19, ont eu raison de ce projet très controversé.
Avec ce projet, Sidewalk Labs, société sœur de Google (sa maison mère est également Alphabet), voulait créer sa propre portion de ville intelligente. Un quartier composé d’édifices alimentés grâce aux énergies renouvelables, de voitures autonomes circulant dans des rues chauffées l’hiver, d’une infrastructure souterraine pour faciliter la livraison domicile et l’évacuation des déchets… Ainsi qu’un système connecté permettant de réguler le trafic urbain, contrôler la qualité de l’air et donner accès au Wi-Fi gratuitement. Le tout étendu sur 5 hectares au sein de la friche industrielle de Toronto, Quayside.

Un projet faramineux qui ne verra pas le jour. Google anticipe des difficultés financières à cause du Covid-19 : « Alors que le monde et le marché immobilier torontois sont confrontés à des incertitudes économiques inédites, il est devenu trop difficile de rentabiliser ce projet de 5 hectares sans en sacrifier des parties essentielles », a déclaré Daniel Doctoroff, PDG de Sidewalk Labs. Ces dernières semaines, la firme de Mountain View avait déjà annoncé des coupes budgétaires et un gel des embauches afin de faire face à la période difficile qui s’annonce.

Google comptait commencer les travaux en 2022 pour un coût total estimé à 3,9 milliards de dollars. Si la société annonçait la création de 44 000 emplois permanents et 4,3 milliards de dollars canadiens (2,84 milliards d'euros) de recettes fiscales d’ici 2040, ce projet était très controversé localement. De nombreux détracteurs dénonçaient la possible utilisation des données des personnes vivant dans le quartier. Des données non anonymisées et partagées avec des tierces parties. Un questionnement repris par des experts lors d’une table-ronde organisée par La Fabrique de La Cité en ce début d’année.