Dans un article issu de la revue Monde du Tourisme, Jérôme Piriou, Professeur-assistant à l’Excelia Group La Rochelle Business et docteur en géographie, revient sur les initiatives innovantes des institutions de développement touristique dans le contexte du Covid-19. En marge de l’article, il salue l’enthousiasme et la force de proposition des acteurs du Tourisme qui se recentrent sur leur mission principale : le service.
Dans ce texte, rédigé à quatre mains avec Marie-Noëlle Rimaud, Professeur-associé, directrice INNOV Case Lab, centre de cas Excelia Group, Jérôme Piriou salue la professionnalisation des institutions touristiques, qu’elles soient à l’échelle locale, départementale ou régionale. Plusieurs initiatives dans l’ère du temps ont attiré son attention dans le contexte actuel :
- Plusieurs offices du Tourisme se sont emparés des réseaux sociaux pour animer leur communauté. C’est le cas par exemple de Bordeaux qui a listé les activités pour « profiter de Bordeaux chez soi ». La ville de Marseille a quant à elle lancé le hashtag #fenêtresur afin d’encourager les habitants à faire découvrir la cité phocéenne depuis leur fenêtre.
- Certains offices de Tourisme ont élargi leur domaine de compétences en mettant à disposition des informations plus larges sur leur site internet. Le Pays d’Ancenis a par exemple ouvert une plateforme afin de trouver des commerçants et producteurs.
- Le réseau des offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine a quant à lui poursuivi ses activités au travers de conférences virtuelles.
Si ces initiatives peuvent paraître anodines pour des sociétés numériques plus chevronnées, Jérôme Piriou met en lumière leur caractère inédit.
« Ce qui est marquant, c’est la volonté de garder le lien avec les futurs touristes. Au travers de cette crise, c’est la notion d’humain qui ressort ainsi que celle de service. Derrières les ordinateurs et les comptes sur les réseaux sociaux, il y a des hommes et des femmes qui s’engagent à offrir un peu de rêve dans cette période troublée », appuie le professeur.
Repenser le territoire français
Selon Jérôme Piriou, les acteurs du Tourisme ont très vite compris qu’il fallait plus que jamais valoriser la France en tant que destination touristique cet été. « Il y a beaucoup de lucidité de leur part. Certains changent même de discours », continue t-il. C’est le cas de l’office de tourisme de Saint Malo qui invite les futurs touristes à découvrir les alentours de la ville. « L’OT prend conscience que les touristes sont mobiles durant leur séjour. Ils ne restent pas cantonnés dans la ville », précise t-il.
Les acteurs du Tourisme ne se font pas d’illusion. Mais plutôt que de s’apitoyer sur leur sort, ils sont force de proposition selon lui. C’est le cas des hôteliers et des restaurateurs, qui, ne sachant pas quand ils vont rouvrir, se réunissent et cherchent à mettre en place un référentiel sanitaire. « La manière dont les professionnels du Tourisme s’adaptent à la crise est remarquable », salue le professeur.
"Nous ne pourrons pas obliger les touristes à passer par le tout numérique"
Jérôme Piriou est conscient du déploiement des outils digitaux dans le milieu du Tourisme. Pour preuve, les voyageurs se renseignent principalement sur Internet et les salons grand public sur le sujet disparaissent peu à peu. « Mais nous ne pourrons pas obliger les touristes à passer par le tout numérique, estime t-il, le personnel va revenir en front office car c’est ce qui prime ».
Cela ne veut pas dire que les offices de tourisme doivent mettre de côté le numérique. Pour le professeur, des efforts sont encore à fournir pour accompagner les voyageurs durant le séjour, sous forme de conciergerie, et après séjour afin de savoir comment le territoire a été vécu.
Avec ou sans outils numériques, le docteur en géographie se veut confiant pour le futur du Tourisme : « Je rappelle à mes élèves que le Tourisme a connu de nombreuses difficultés depuis le XVIIIe siècle. L’épidémie que nous vivons est inédite. Mais je suis sûre que le secteur va rebondir comme il l’a toujours fait. Le Tourisme ne représente pas seulement un besoin économique. C’est un besoin psychologique. Et dans un train de vie toujours plus stressant, il deviendra plus important. C’est pourquoi il faut dès aujourd’hui inventer les besoins de demain », conclut-il.