Plusieurs outils ont été mis au point pour anticiper la propagation du virus mais aussi préparer des plans de déconfinement efficaces dans différents pays.
Après le partage de l’analyse des déplacements de citoyens issus de plus de 131 pays par Google, vient le tour de Facebook de s’engager dans la lutte contre l’épidémie. L’occasion pour la firme de Menlo Park, au cœur du scandale Cambridge Analytica, de redorer le blason de sa collecte de données personnelles. En effet, Facebook a annoncé dans un billet de blog la création de cartes sur les mouvements de population utilisant des données agrégées afin de préserver la vie privée de ses utilisateurs. Trois types de cartes sont mises au point pour prévenir au mieux de l’épidémie :
- Anticiper la contamination : les cartes de regroupement(« co-location maps ») révèlent la probabilité que des personnes d’une région entrent en contact avec des personnes d’une autre région, ce qui permet de mettre en lumière les endroits où des cas de COVID-19 peuvent apparaître ensuite.
- Évaluer l’efficacité du confinement : les tendances en matière d’amplitude de mouvementmontrent, au niveau régional, si les gens restent près de chez eux ou s’ils visitent de nombreux quartiers de la ville, ce qui peut permettre de savoir si les mesures préventives vont dans la bonne direction.
- Répondre à la crise: l’indice de connectivité sociale (« social connectedness index ») montre les liens d’amitié entre les États et les pays, ce qui peut aider les épidémiologistes à prévoir la probabilité de propagation de la maladie, ainsi que les zones les plus touchées par le COVID-19 qui pourraient demander de l’aide.
« COVID-19 a des retards inhérents qui remettent en cause le rythme auquel nous cherchons à évaluer l’impact des politiques en vue d’une réponse mesurée. Les données de mobilité du programme Data for Good de Facebook fournissent une vue en temps quasi réel des corrélats importants de la transmission des maladies. Ces données, en combinaison avec d’autres sources, nous permettent de créer de meilleurs modèles pour éclairer les décisions de santé publique » , commente Daniel Klein, Ph.D., Institute for Disease Modeling.
Un réseau d’experts mondiaux
Facebook indique également avoir créé un consortium mondial pour faire face à la pandémie en créant notamment un réseau de données sur la mobilité du COVID-19. Ces partenaires comprennent des universités telles que la Harvard School of Public Health aux États-Unis, l’Université nationale TsingHua à Taïwan et l’Université de Pavie en Italie, ainsi que des organisations à but non lucratif et des institutions telles que Direct Relief, la Fondation Bill & Melinda Gates et la Banque mondiale.
En France, dans le cadre du programme Data for Good, Facebook a établi un partenariat avec l’Université PSL (Paris Sciences & Lettres) qui regroupe 11 établissements et des partenaires comme le CNRS, Inria ou encore l’Inserm. Ensemble ils élaborent des modèles de stratégies de déconfinement pour aider à la prise de décisions publiques sur cette question. Des discussions avec d’autres organismes de recherche français de renom sont en cours pour soutenir plus largement les efforts du monde de la recherche française.
Photo d’ouverture : Facebook
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