Qu’il s’agisse de décontaminer les rues, de dépister les populations ou d’être en soi des outils de surveillance, les robots font l’objet de nombreuses initiatives visant à endiguer le COVID-19.
La semaine passée, le gouvernement français lançait un appel aux porteurs d’innovations potentiellement utiles pour lutter contre l’épidémie actuelle. L’objectif n’étant pas de mettre au point une nouvelle technologie pour vaincre le COVID-19, mais d'imaginer comment les innovations, procédés et technologies actuels peuvent être rapidement mis au service de la société dans cette crise sanitaire.
Plusieurs entreprises n’ont pas attendu de telles mesures pour accélérer la mise en service de leur projet ou imaginer de nouvelles façons d’utiliser leur solution. En vertu de leurs propriétés, les robots sont vite apparus comme une piste de solution aux yeux des entreprises et gouvernements du monde entier. En effet, ces machines ont la particularité d’être immunisées face au virus mais aussi la capacité d’effectuer une multitude de tâches et de se déplacer de manière autonome ou en étant guidée à distance. Ils ont ainsi été rapidement mis au service du nettoyage et de la décontamination des rues, du dépistage des populations ou encore de la surveillance des populations.
Nettoyer, astiquer…
Autre exemple chinois qui illustre cette fois la manière dont une même technologie peut être mise au service de différents usages, celui porté par l’entreprise XAG. Ce fabricant de drones et robots spécialisés dans la pulvérisation pour le secteur agricole a su s’adapter face à la crise en mettant ses machines au service de la désinfection des rues. Toujours dans le but de désinfecter ses hôpitaux, trains et métros cette fois, le gouvernement chinois a commandé des centaines de robots à l’entreprise danoise UVD. Équipées d’une lampe UV, ces machines capables de désinfecter une salle en 15 minutes équiperont plus de 2000 hôpitaux chinois.
Le robot agricole de l'entreprise XAG utilisé pour décontaminer les lieux publics en Chine. Crédits: XAG
En France, la société Shark Robotics indique avoir reconverti l’un de ses robots pulvérisateurs utilisés notamment par les pompiers de Paris, pour le mettre au service de la décontamination. L’entreprise rochelaise indique que ce robot radiocommandé est aujourd’hui en mesure de désinfecter jusqu’à 20 000 m2 de surface en 3 heures grâce ses buses de pulvérisation et ainsi éloigner « l’Homme du risque ». La société a confié être en discussion avec le gouvernement français pour déployer sa solution dans les hôpitaux, transports et centres commerciaux et se dit capable de produire 150 machines en trois mois.
« Drone d’affaire »
Efficaces dans les travaux de désinfection, les robots se révèlent également utiles pour limiter la propagation du virus chez le personnel de santé tout en facilitant la pratique de dépistages massifs sur la population. Le gouvernement espagnol a annoncé une expérimentation en ce sens permettant d’effectuer 80 000 dépistages quotidiens grâce à l’emploi de 4 robots. Aucun détail n’a été donné concernant la procédure suivie.
En Chine, le service de livraison médicale par drone mis au point par Antwork s’est révélé d’une aide précieuse face à la crise sanitaire en divisant par deux le temps de livraison moyen. La société indique que son service doit désormais être déployé sur l’ensemble du territoire.
L’empire du Milieu a également vu dans l’usage de drones un dispositif de surveillance utile pour s’assurer que les mesures de confinement sont bien respectées par les concitoyens. Un dispositif similaire a été déployé à Marseille, à Nice et à Paris, à des fins d’informations de la population.
Aux États-Unis comme en Chine, des robots « aide-soignant » ont été déployés dans les hôpitaux afin de surveiller la température des patients notamment mais aussi livrer les repas en chambre ou encore désinfecter les locaux. Autant d’exemples qui feront sans doute évoluer les mentalités quant à l’usage de robots plutôt que d’humains dans certains contextes professionnels.
Photo d’ouverture : Lenin Estrada
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