Cette interview est issue de la 7e édition du MOOK. En 196 pages, TOM convie ses lecteurs à une visite guidée des innovations technologiques marquantes en 2019 dans les deux secteurs. Le Magazine/Book mêle également des interviews d’experts en technologies, qu’il s’agisse d’acteurs du Tourisme, du Voyage d’Affaires ou d’autres secteurs, des dossiers de fonds consacrés aux innovations majeures, des études menées par des spécialistes de l’industrie, ainsi que des pages Fun plus décalées.


Le marché de l’hôtellerie évolue et nous assistons aujourd’hui à une fragmentation de l’offre. Une clientèle qui souhaite payer uniquement ce qu’elle consomme, que ce soit dans le loisir ou sur la cible affaires. La société Dayuse, née de cette tendance, propose aux voyageurs de réserver des chambres d’hôtels sur un créneau horaire précis en journée, et non plus uniquement à la nuitée. Selon David Lebée, fondateur et CEO de Dayuse, les acteurs du marché doivent désormais s’adapter aux nouveaux usages et s’appuyer sur la digitalisation pour répondre aux besoins des consommateurs.
David Lebée, fondateur et CEO de Dayuse
Le service à la demande dans le marché de l’hôtellerie est-il devenu une véritable tendance ?
Oui, et nous sommes complétement partie prenante de ce changement. Il y a une vraie évolution dans notre façon de consommer. Le client a un besoin de liberté et ne veut plus uniquement vivre une expérience. Il souhaite payer le juste prix de ce qu’il consomme. L’intérêt d’ouvrir la zone de chalandise des hôteliers est de cibler une clientèle de proximité. A l’avenir, la clientèle locale viendra consommer dans les établissements. L’hôtel n’est plus uniquement un espace de nuit mais propose d’autres services comme des happy hours, des cours de sport ou encore des espaces de coworking. On constate que les acteurs du secteur souhaitent transformer les zones de vie en zones ouvertes au public et non plus uniquement aux personnes qui viennent dormir dans l’établissement.
Quel rôle l’innovation technologique tient-elle dans cette évolution ? En termes d’accompagnement pour les hôteliers et d’amélioration de l’expérience client pour le voyageur ?
Les hôteliers sont des commerçants avant toute chose. Rattachés à un grand groupe ou non, ils ne peuvent pas toucher à eux seuls le monde entier ou une clientèle internationale. Ils recherchent avant tout à diversifier le type de clientèle afin de faire face à la concurrence. Le consommateur, lui, est aujourd’hui ultra-connecté, nomade et fonctionne en ‘last minute’. Aux Etats-Unis, en moyenne, un voyageur d’affaires va par exemple réserver sa chambre la veille de son départ. Cette tendance nous pousse donc à adopter des outils technologiques qui répondent à cette demande. Pour ce faire, les acteurs du secteur ont besoin d’appuis et de structures pour leur permettre d’évoluer. Pour les voyageurs, le défi consiste à développer des outils de réservation plus intuitifs et ultra-rapides.
Quel sera l’impact de tous ces changements ?
Cela va permettre aux voyageurs d’avoir plus de souplesse dans leurs choix, d’avoir accès à une offre plus large. Nous vivons dans un monde ultra-connecté dans lequel notre agenda peut être chamboulé d’une minute à l’autre à cause d’un simple mail. La technologie va permettre aux voyageurs et à la clientèle Affaires d’optimiser leur temps et leur parcours. Ce qui est essentiel puisque nous sommes à une époque où nous accordons beaucoup d’importance au temps. Il faut donc des outils qui nous permettent de l’optimiser au maximum. Nous tendons vers un marché plus flexible qui s’adapte au consommateur et non plus l’inverse. Il sera plus facile d’annuler, de changer la localisation d’un hôtel ou bien encore de réserver une chambre seulement pour quelques heures, selon les besoins. Cela permet également d’optimiser la productivité du collaborateur et de limiter les coûts pour l’entreprise.
Cela répond-t-il également à une tendance plus globale sur l’évolution des politiques voyages et des nouveaux besoins des collaborateurs ? Notamment avec l’arrivée de la génération Z sur le marché du travail ?
Les attentes ne sont effectivement pas identiques. Un collaborateur de 50 ans ne va pas fonctionner de la même façon qu’un voyageur de 30 ans. Il y a deux typologies d’utilisateurs. Celui que nous allons le plus intéresser est le plus jeune. Chez les collaborateurs plus âgés, il y a une sorte de réticence au changement alors que la nouvelle génération va justement être en demande d’amélioration via de nouveaux outils. Il y a également un vrai rôle à jouer de la part de l’entreprise. Il faut davantage communiquer sur les bénéfices des nouvelles solutions afin de changer les usages.
Allons-nous donc vers une offre hôtelière à la carte ?
Je crois beaucoup aux services hôteliers à la carte, oui, et notamment sous forme de pushs qui proposeront des massages, des accès piscines… Aujourd’hui, les réservations sont gérées par les grandes centrales type Booking, les agences et par les gens eux-mêmes. La tendance est à la relation directe avec la personne qui nous reçoit. Cette tendance ‘supermarchés’ va se réduire au bénéfice de plus petits acteurs et favoriser l’humain. Airbnb a fait au final beaucoup de bien au secteur. Il a fait peur à beaucoup d’acteurs qui se sont alors remis en question et ont essayé de comprendre leur défaillance, c’est-à-dire ce côté humain qu’ils n’avaient plus avec leurs clients. Cet aspect va être récupéré par les hôteliers de demain. Le directeur de l’hôtel va devenir une sorte de chef de village.
Cette interview est issue de la 7e édition du MOOK. En 196 pages, TOM convie ses lecteurs à une visite guidée des innovations technologiques marquantes en 2019 dans les deux secteurs. Le Magazine/Book mêle également des interviews d’experts en technologies, qu’il s’agisse d’acteurs du Tourisme, du Voyage d’Affaires ou d’autres secteurs, des dossiers de fonds consacrés aux innovations majeures, des études menées par des spécialistes de l’industrie, ainsi que des pages Fun plus décalées.
