Est évoquée la création d’un système de label IA garant des valeurs et de l’éthique européenne et d’un marché unique de la donnée.
Comment l’Europe peut-elle gagner la bataille de l’intelligence artificielle ? Bruxelles lance, ce mercredi, un débat sur le sujet qui donnera lieu à la publication d’un livre blanc présentant des pistes d’actions. Est notamment évoqué la constitution d’un système de label pour les entreprises qui respectent les règles, l’éthique et les valeurs portées par l’Union européenne. L’objectif ? Faciliter le partage de données entre acteurs européens mais aussi et surtout être en mesure de ne pas succomber à la domination des plateformes américaines et chinoises qui campent la tête du peloton en la matière.
La reconnaissance faciale autorisée
Consciente que les entreprises européennes auront du mal à concurrencer Facebook ou Tencent sur le b2c, Bruxelles veut se démarquer en devenant un champion de l’IA mise au service des entreprises. Compte tenu de l’excellence industrielle et de la place importante occupées par les données publiques sur le Vieux Continent — au travers des services de santé, transports, énergie gérés par les États —, Bruxelles est confiante à l’idée de créer un marché unique de la donnée en Europe. Pour rappel, si l'intelligence artificielle était un moteur, les données lui serviraient de carburant.
Selon Le Monde, Bruxelles s'est accordé quelques mois de réflexion supplémentaires pour statuer sur l'usage la reconnaissance faciale, mais exclut l'idée de l'interdire contrairement à San Francisco. Une bonne nouvelle pour les acteurs de l'aérien, nombreux à s'être tournés vers cette technologie pour optimiser les contrôles de sécurité et fluidifier le passage aux aéroports. En plus de ce livre blanc et de ces réflexions, la Commission européenne doit poser les fondations de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle. Deux initiatives qui serviront de base pour établir la législation européenne sur le sujet, prévue fin 2020.
Photo d'ouverture : Sara Kurfeß