Le Cloud envahit nos vies, nos loisirs, notre quotidien, nos professions. Son principe est simple et bon : au lieu d'acheter et d'exploiter mémoire et puissance de calcul chacune séparément, nous stockons nos données et exécutons nos applications à distance. Cela vaut pour le PC, le smartphone et les serveurs d’entreprise. Dans le secteur du Tourisme, Sabre, Amadeus, AirAsia, Lufthansa, les opérateurs ferroviaires au Japon parmi d'autres, misent sur le Cloud. Mais quels sont les impacts environnementaux et sociétaux de cet essor du Cloud ?
Les vertus du Cloud
Le Cloud mutualise les moyens informatiques au niveau mondial. Il tend à diminuer le besoin en moyens informatiques disséminés et le temps globalisé d'inactivité des serveurs. Statistiquement, une entreprise sera traitée lorsque telle autre sera inactive. Lorsque l'on compte l'ensemble des coûts de possession, humains, immobiliers, énergétiques, matériels et logiciels, le modèle Cloud de facturation à l'usage réel s'avère souvent plus économique pour les entreprises et les particuliers.
L'essor du Cloud est porté par la performance grandissante des réseaux. La dématérialisation est parfaite pour la mobilité qui progresse énormément. Tout repose sur des data centers, qui concentrent d’énormes serveurs, aux gigantesques capacités de stockage mémoire. L’exploitation est optimisée pour lisser la puissance de calcul, servir tous les utilisateurs, protéger et sauvegarder les données.
L’ambiguïté du Cloud: l’explosion du besoin en data centers
Le principe de mutualisation censé réduire le besoin global en machines génère un biais contraire. Il n'y a plus de freins pour l'individu, qui perçoit une mémoire infinie et de la disponibilité machine en continu. Une entreprise a besoin de mémoire ou de capacité de traitement supplémentaire ? Fini les affres des DSI, l'optimisation, l'investissement et l'installation de nouvelles machines. Il suffit de commander du temps en plus au fournisseur Cloud, qui se débrouillera dans ses data centers. L’usage privé ou professionnel croît sans discontinuer. D’ici 2021, un tiers des données devrait transiter par le Cloud.
Conséquence, les data centers fleurissent exponentiellement. Les études évoquent une multiplication par quatre d’ici 2022. On en compterait au moins cinq millions au niveau mondial, occupant de l’ordre de 50 millions de m² et engloutissant près de 20 % de l’électricité consommée par toute l’activité numérique, estimée déjà elle-même à 10 % de la production électrique totale. En France, on en compte aujourd’hui près de 400 dont un tiers en Ile-de-France. Cette situation pose de gros problèmes environnementaux
La controverse environnementale du Cloud
Le phénomène de multiplication des data centers établi, on a fini par se rendre compte qu’ils consommaient beaucoup d’énergie. On parle ici de véritables monstres électroniques. Par malheur, ce fonctionnement s’accompagne de dissipation thermique, dans un ratio déplorable de l’ordre de 40 % d’énergie perdue. Le comble : il faut refroidir pour protéger les puces et certains organes mécaniques ! Ajoutons que le Cloud pousse les communications, elles aussi gourmandes en énergie.
Mais les partisans du Cloud rappellent qu’il s’agit d’un effet de répartition de l’énergie totale due au numérique dans son ensemble et que le Cloud tend plutôt à la réduire par mutualisation. La consommation est déportée du lieu d’utilisation au data center. De la même manière, le Cloud limiterait par son meilleur dimensionnement la pollution due aux matériaux et à l'obsolescence.
Cloud ne veut pas dire virtuel. Tout se passe bien sur terre et la mise à distance déresponsabilise les utilisateurs. Des phénomènes émergents comme l’IA, l’IOT et la blockchain pourraient créer l’escalade.
Taylor Vick
Le tourisme favorise l’essor du Cloud
Tourisme et Cloud ont vocation à se rejoindre partout. Le Tourisme utilise par nécessité beaucoup de communications, d’accès internet, entre agences d’une même entreprise, en BtoB et en BtoC. Les touristes doivent pouvoir accéder à des services pour le déroulement de leur voyage : éditer ou modifier un billet par exemple. Les acteurs professionnels, agences de voyages loisirs et business travel, tour-opérateurs, centrale de réservation hôtelière, doivent pouvoir réaliser leurs opérations en tous lieux, échanger entre eux pour le business. Ces opérations peuvent s’exécuter par des moyens informatiques traditionnels et des serveurs intra-muros à l’entreprise, mais les contraintes de communications imbriquées fortes favorisent le choix du Cloud. Pour certains acteurs très dispersés géographiquement, le Cloud est une solution idéale.
Une offre importante de solutions Cloud existe, du devis jusqu’à la facturation en passant par le CRM, les statistiques, la production ou encore la dématérialisation de documents. Le tourisme contribue assez massivement à l’essor du Cloud, qui en facilite en retour l'exploitation. Dans cette belle entente, une petite ombre au tableau. Les deux activités sont pareillement critiquées sur l’environnement. Se pourrait-il que le Cloud participe aux efforts environnementaux de l’industrie du Tourisme ?
Le tourisme progresse grâce au Cloud
Des efforts de réutilisation sont réalisés à tous les maillons. Ces innovations se heurtent encore aux attentes du touriste roi. C'est un moment précieux pour lui, dont il veut profiter. Les marges de manœuvre sont donc faibles, d’autant que le tourisme est très tributaire du transport. Le levier essentiel repose sur l'optimisation de l'activité et des flux. Meilleure efficacité interne, meilleurs taux de remplissage, dématérialisations, fluidité et optimisation des parcours, ce sont aussi des vecteurs de progrès environnementaux.
Sources :
https://lejournal.cnrs.fr/articles/numerique-le-grand-gachis-energetique https://www.novethic.fr/actualite/infographies/isr-rse/envoyer-un-mail-regarder-une-video-l-impact-environnemental-du-numerique-decode-145813.html https://datacenter-magazine.fr/linterconnexion-directe-des-fournisseurs-cloud-securise-le-transport-des-donnees/ https://www.europe1.fr/technologies/stockage-des-donnees-des-solutions-pour-limiter-limpact-des-data-centers-sur-lenvironnement-3945811
Eric Barthélémy est co-fondateur de ViaXoft.
Spécialisée dans l'édition de logiciels de gestion depuis 2008, ViaXoft accompagne les agences de voyages et les tour opérateurs dans leurs tâches quotidiennes. Du devis jusqu'à la facturation en passant par le CRM, les statistiques ou encore la dématérialisation de documents : ViaXoft propose des solutions innovantes et évolutives pour optimiser la productivité des acteurs du tourisme. La société est aujourd'hui présente sur les marchés français, suisse et belge.