Moteur de recherche Ecosia : « Notre but n’est pas de dépasser Google »

Le moteur de recherche solidaire allemand Ecosia a vu le jour il y a dix ans.

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Julia Luczak-Rougeaux

11 février 20203 min de lecture

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© Archives Travolution

Le moteur de recherche solidaire allemand Ecosia a vu le jour il y a dix ans. Contrairement aux moteurs de recherche traditionnels, 80 % de ses bénéfices sont alloués à la reforestation dans le monde. Fort de ses 30 millions d’utilisateurs dans le monde, Ecosia a lancé cet été un moteur de réservation d’hôtels qui fonctionne sur le même principe. Entretien avec Ferdinand Richter, Responsable France d’Ecosia.

Ferdinand Richter - Responsable France d’Ecosia

Pouvez-vous nous rappeler le principe d’Ecosia ?

Ecosia a été créé en 2009 en Allemagne par Christian Kroll. A la suite d’un voyage au Brésil, il prend conscience des ravages de la déforestation. Il cherche alors à créer un outil qui pourrait permettre de sensibiliser la population à ce problème mais surtout de restaurer les écosystèmes. C’est à ce moment là que l’idée d’un moteur de recherche est née. Le but était de sensibiliser, tout en apportant un service.

Le principe est simple, tous les revenus publicitaires sont alloués à la plantation d’arbres. Plus nous avons d’utilisateurs, plus il y a de clics sur les publicités, plus nous replantons des arbres. Ecosia est une entreprise à mission. C'est-à-dire que les bénéfices qu'elles génèrent sont reversés à des partenaires qui plantent des arbres. Ecosia ne prend que de quoi fonctionner.

Nous avons déjà planté 76 millions d'arbres dans une vingtaine de pays tels que la Colombie, la Tanzanie, l’Espagne, Haiti… Nous voulons restaurer les écosystèmes à travers le monde.

Quelle est votre stratégie pour concurrencer Google ?

Nous ne proposons pas les mêmes fonctionnalités. Notre but n’est pas de dépasser Google. Notre volonté est de protéger la vie privée des utilisateurs. Nous ne conservons pas les données de navigation. Notre valeur ajoutée ne se trouve donc pas dans la recommandation, mais dans l’élaboration de nouveaux services tels que Ecosia Travel.

Pouvez-vous nous en dire plus sur Ecosia Travel ?

Nous avons lancé une version bêta qui permet aux internautes de réserver un hôtel. A chaque fois qu’un hôtel est réservé via notre moteur, au moins 25 arbres sont plantés. Pour cela, nous avons établi des partenariats avec des OTA qui nous reversent une commission lorsque nous renvoyons vers elles. L’idée est de permettre à l’utilisateur de faire un choix plus éco-responsable. Pour cela, nous mettons en avant les hôtels les plus engagés dans le domaine environnemental. Nous nous autorisons à avoir un avis sur le sujet.

Demain, l’outil proposera t-il plus que des hôtels ?

Nous y réfléchissons en effet. On peut imaginer qu’il sera possible de réserver des vols également. Si l’on se rend compte qu’un utilisateur s’apprête à prendre un vol interne, nous pourrions lui pousser un message l’invitant à privilégier un moyen de transport plus écologique. L’idée est de proposer l’ensemble du voyage. Cela permet d’éviter « l’effet rebond ». Autrement dit, le fait de réserver un moyen de transport plus polluant, sous prétexte que l’hôtel réservé était lui respectueux de l’environnement…

Quelles sont vos ambitions ?

Chez nous, la croissance ne se compte pas en chiffres, mais en arbres. Depuis 2009, nous avons planté 76 millions d’arbres. Nous voulons continuer à faire gonfler ce chiffre. Nous souhaitons également doubler notre effectif. Nous avons misé sur une stratégie à long terme et cela fonctionne. Au départ, « seuls » 25 000 euros ont été investis et pourtant nous existons toujours aujourd’hui.

Nous continuons d’œuvrer pour la construction de la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel*. En France, nous voulons que les arbres soient de retours dans nos champs. D’une manière générale, nous voulons participer à la restauration des écosystèmes.

*initiative du continent africain pour lutter contre les effets du changement climatique et de la désertification. Elle devrait s'étendre sur 117 000 km2.

Photo d'ouverture : Magnus Lindvall

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