Alors que Google place ses pions dans le secteur du ecommerce et notamment dans le milieu du Tourisme, comment les professionnels peuvent tirer leur épingle du jeu ? Comment innover en tant que startup dans un marché saturé ? Ou en tant qu’entreprise figée dans ses habitudes ? Retour sur la conférence de Julien Laz, Entrepreneur Travel & Green Tech, dans le cadre de net Managers’s Now organisée à La Plagne.
« Peut-on encore innover dans le Voyage quand 87% des internautes passent par Google dans leur parcours d’achat ? », a questionné réthoriquement Julien Laz au début de son intervention. Aujourd’hui, le haut de la page de résultats est occupé par les liens sponsorisés ou les encarts Google, du contenu aspiré de sites existants. « Quand vous tapez hôtel de charme à Avignon, vous tomberez sur des résultats décevants. Et vous savez comme moi pourquoi », a-t-il illustré.
Tout est fait pour garder l’internaute captif, pour qu’il n’ait plus besoin de cliquer sur les liens « classiques ». Désormais, 50% des recherches Google ne débouchent pas sur un clic. « Si vous êtes captif sur une page internet, imaginez ce qu’il se passera avec les enceintes connectés », a averti Julien Laz. Selon lui, Google a commencé a basculer du côté sombre de la force en 2011. Sous prétexte de nettoyer le web, le géant « s’est approprié le contenu et nous avons perdons du trafic ».
Comment alors gagner des parts de marché et innover en tant que professionnels du Tourisme quand Google et d'autres géants semblent davantage occuper le terrain ?
Fake it until you make it
En tant qu’entrepreneur, Julien Laz a lui-même évolué dans le monde des startups (avec sa société Cityzeum et son startup studio Rue 24). Il connaît donc très bien l’écosystème et en a profité pour rappeler, non sans une pointe d’ironie, le parcours classique d’un entrepreneur :
« Tout commence par un repas entre amis. Je m’interroge avec eux : dans quel secteur il n’y a pas encore d’innovation ? Je trouve une idée qui va révolutionner le monde. Je trouve une société qui à terme, pourrait me racheter. Je vais voir la BPI qui me donne 30 000 euros. Je vais voir mamie qui me donne également 30 000 euros. J’embauche 3 ou 4 stagiaires. Je fais un prototype, j’envoie un communiqué de presse, j’embauche un CM. Je dis que mon trafic augmente. La société se compose désormais de 6 personnes. J’appelle les business angels qui me demandent quel est mon modèle économique. Je ne leur réponds pas. A la place, je leur donne mes chiffres de rétention, mais jamais mon trafic et combien je gagne. Je refais l’UX. Je vais voir les VC. Comme ma société ne marche pas vraiment en BtoC, j’essaye le BtoB. Je contacte tous les grands comptes pour faire du co-branding. A cette étape j’ai 9 chances sur 10 de mettre la clé sous la porte ».
Aux Etats-Unis, le mot d’ordre est « fake it until you make it » dans le monde de entrepreneuriat. Autrement dit, les jeunes poussent ne vendent pas ce qu’elles font mais ce qu’elles pourraient faire. A l’image de Magic Leap, une startup américaine spécialisée dans la réalité augmentée, qui a levé 500 million d’euros en 2017 avant même d’avoir conçu ses lunettes.
L’entrepreneur a expliqué que les sociétés du numérique qui ont réussi ces dernières années ne possèdent pas de produit à proprement dit. « Quand Airbnb s’est lancée elle n’avait pas d’hébergements, Uber n’avait pas de voitures », a-t-il déclaré. Dans ce cas, faut-il investir dans les biens ou dans la relation client ? « Le risque quand on ne possède que des biens est devenir une simple commodité », a t-il ajouté.
Voilà ce que Magic Leap pourrait faire
Les startups à la rescousse des grands comptes ?
Selon Julien Laz, que l’on soit une startup ou une grande entreprise, il est possible d’innover en remettant le consommateur au centre de ses attentions. Pour cela, il faut se concentrer sur plusieurs éléments :
- L’émotion : jouer sur la peur, l’envie, la flatterie. Mais il ne faut pas aller jusqu’à créer une addiction. Facebook par exemple embauche des personnes pour rendre ses utilisateurs addicts. Cela n’empêche pas de s’en inspirer.
- L’intention : lorsqu’un internaute tape « week-end à Londres », il faut réellement s’interroger sur ce qu’il recherche vraiment.
- L’expérience
- La personnalisation
- Le local : selon l’entrepreneur, le monde appartient à celui qui raconte des histoires.
- Le contenu
- L’open-innovation : être ouvert à des collaborations avec des startups ou d’autres entreprises crée une vraie agilité
Il ne faut donc pas chercher à lancer sa startup ou un service dans l’intelligence artificielle ou la blockchain parce que tout le monde en parle. Mais rentrer dans une démarche d’open-innovation à 360°. C’est comme cela que les startups peuvent devenir pérennes et que les sociétés plus établies peuvent évoluer.
Une idée partagée par l’Open Tourisme Lab, studio de startups basé à Nîmes, et la société Altran toutes deux présentes dans l’audience et qui collaborent dans l’élaboration de nouveaux produits :