Après une première exposition en France, le Mont-Saint-Michel peut se visiter au Musée de l'histoire et de l'industrie (MOHAI) de Seattle à travers des hologrammes. La startup Iconem et Microsoft ont travaillé de pair afin de proposer cette expérience proposée jusqu’en janvier 2020.
Les visiteurs de l’exposition du Musée de l'histoire et de l'industrie peuvent visualiser le site classé par l'Unesco grâce au casque HoloLens 2 conçu par Microsoft. L’appareil est un casque de réalité mixte. C'est-à-dire qu’il permet de visualiser des hologrammes transposés sur le réel (comme la réalité augmentée) et permet également d’interagir avec ces hologrammes. Cette interaction, qui permet de saisir, toucher et déplacer les éléments, est ce qui différencie la réalité augmentée de la réalité mixte.

Les visiteurs peuvent ainsi voir une maquette réelle à l’échelle 1/144 protégée par une vitre. Sur cette maquette apparaissent des hologrammes qui expliquent l’histoire du Mont accompagnés de commentaires audio. Durant l’expérience d’une durée de 15 minutes, ils ont l’opportunité de visualiser une diffusion holographique de l'abbaye de l'église, comme s’ils y étaient. Pour aider les utilisateurs à s’habituer au port du casque holographique, quelques minutes de préparation sont nécessaires avant chaque séance. Même si le HoloLens 2 est meilleur que son prédécesseur en termes d’interaction, les visiteurs n’ont aucune action à effectuer durant cette expérience.
C’est la première fois que l’exposition s’exporte hors de France. En 2018, une première version avait été présentée au Musée des Plans-Reliefs de Paris avec le casque HoloLens 1. Cette seconde version sera ouverte au public jusqu’en janvier 2020.
Des drones et de l’intelligence artificielle
Pour créer cette exposition, la jeune société française Iconem a d’abord pris le Mont-Saint-Michel en photo sous toutes ses coutures grâce à des drones et des caméras postées au sol. Des milliers de photos ont ainsi été prises. Pour reconstituer le Mont en 3D, la société a utilisé un algorithme d’intelligence artificielle afin de les trier. HoloForge Interactive, une autre jeune société française, a ensuite utilisé ces rendus 3D pour créer une expérience de réalité mixte avec le casque HoloLens.
De son côté, Microsoft montre sa volonté de pousser l'adoption de ses casques au sein des musées : « Microsoft espère construire un pont entre le passé, le présent et le futur et, en cours de route, utiliser le numérique pour préserver le patrimoine, autonomiser les musées et rendre les expériences culturelles accessibles à tous. », écrit la marque sur site.
La réalité virtuelle et augmentée à la rescousse des musées
Dans le secteur culturel, la réalité virtuelle et la réalité augmentée gagnent du terrain. En 2017, le Musée national d'Histoire naturelle s’est doté du premier Cabinet de réalité virtuelle en France. L’exposition sur Léonard De Vinci qui se déroule actuellement au Louvre accueille pour la première fois une expérience en réalité virtuelle au sein du musée. L’expérience propose de s’entretenir virtuellement avec la Joconde, faute de pouvoir admirer son portrait dans le cadre de l’exposition. La Cité de l'architecture et du patrimoine propose quant à elle de visiter la pyramide de Kheops, difficilement accessible pour des raisons de préservation. Et ce n’est que le début.
Emmanuel Guerriero, co-fondateur de la société Emissive, pense que l’on verra émerger le MaaS, pas celui des transports, mais du Museum as a Service. Selon lui, les musées ne seront plus que des lieux physiques, ils pourront proposer des expériences virtuelles et personnalisées disponibles partout. Une manière d'attirer un nouveau public ou de faire revenir ceux qui ont délaissé les lieux culturels.