Aviation : le système de gestion de vol de Thales remplacera-t-il le copilote ?

Thales a présenté son « précieux copilote », un nouveau système de gestion de vol baptisé PureFlyt dont la commercialisation est prévue pour 2024.

Nous suivre sur Google
HP

Hugo Pellegrin

9 décembre 20192 min de lecture

systeme-gestion-vol-Thales-remplacement-copilote-avions
© Archives Travolution

Thales a présenté son « précieux copilote », un nouveau système de gestion de vol baptisé PureFlyt dont la commercialisation est prévue pour 2024. Plus connecté et ouvert, l’outil a été sécurisé par une équipe d’hackers éthiques et exploite une intelligence artificielle chargée de détecter les cybermenaces en vol.  

Thales a dévoilé PureFlyt son nouveau système de gestion de vol (ou FMS pour Flight Management System) destiné aux appareils civils et militaires. Un outil « tout-en-un » qui permet de préparer les vols, fournit à l’équipage des informations ultraprécises sur un écran, optimise les procédures et guide l’avion tout au long de son trajet. Une expertise d’aide au pilotage rendue possible grâce notamment aux plus de 60 millions d’heures de vol cumulées par Thales. Cela permettrait au système de simplifier le changement de trajectoire lorsqu’un orage éclate par exemple. Au fil du vol, des informations toujours plus détaillées sont envoyées au pilote l’aidant ainsi en matière de planification, de calcul de trajectoire, de gestion du carburant, de guidage horizontal et vertical, de liaisons de données avec les stations au sol, ou encore de localisation. Thales y voit les standards des technologies de gestion de vols pour les 30 prochaines années.

thales-pureflyt Présenté comme un "précieux copilote" par l'équipementier, PureFlyt est un système de gestion de vol (FMS) plus connecté, intelligent et sécurisé. Crédits : Thales

« Y a-t-il un copilote dans l’avion ? »

« PureFlyt est davantage connecté aux autres équipements et plus ouvert à l’environnement extérieur de l’appareil. Le pilote peut choisir une meilleure route, par exemple opter pour une altitude plus élevée. Cela aide à respecter l’heure d’atterrissage prévue, à consommer moins de carburant, donc à réduire l’empreinte carbone de l’avion », commente André Cléroux, Product Line Manager chez Thales. Plus connecté et ouvert, le système n’est-il pas également plus vulnérable ?

Le groupe se défend d’avoir intégré une protection contre les cyberattaques, mise au point notamment par des hackers éthiques, qui étudient toutes les manières possibles de compromettre un FMS. Un dispositif renforcé par une IA chargée d’identifier « les comportements erratiques susceptibles de menacer la sécurité ». Pour plus de sécurité, PureFlyt teste à grande échelle toutes les variables qui influent sur le pilotage d’un aéronef. En cinq jours, le système produit l’équivalent de 10 ans d’informations de vol. Un tel système peut-il se substituer au copilote ? L’idée n’est pas nouvelle dans l’aviation, certains équipementiers ont déjà tenté de confier la tâche à un robot ou d’imaginer à quoi pourrait ressembler un cockpit monopilote. Il faudra cependant effectuer une mise à jour de la réglementation avant de voir un avion décoller avec un seul pilote aux commandes. Thales prévoit de commercialiser PureFlyt en 2024.

Photo d’ouverture : Krzysztof Kowalik

Sur la même thématique

Voir tout