Dans un contexte de grève générale, de nombreux trains et transports en commun sont (quasi) à l'arrêt. L'arrivée des trains autonomes sur le marché français pourrait-elle pallier aux nombreuses perturbations ? Si le transport des passagers n'est pas prévu avant 2025, l'autonomisation des transports ferroviaires pourrait en effet limiter drastiquement l'impact sur les voyageurs.
Avec 1 TGV sur 10, 30% du trafic TER et 15% du trafic Transilien assuré, la grève générale, à laquelle les syndicats de la SNCF ont pris part, pousse des milliers de voyageurs à trouver des alternatives à leurs déplacements, voire à les reporter. Au-delà des revendications politiques c’est donc toute une partie de la France qui se retrouve paralysée, sans parler des 10 lignes de métro à l’arrêt total à Paris et les lignes de RER et Transiliens fortement perturbées. Du côté du métro, seules deux lignes semblent ne pas être impactées par le mouvement social : la 1 et la 14. Leur point commun ? Elles sont toutes les deux automatisées et ne nécessitent pas de conducteur à bord. Du côté des TGV et TER, la SNCF travaille, elle, sur l’autonomisation des trains. La différence ? Les trains automatiques évoluent sur un circuit fermé et fonctionnent grâce à des systèmes de mécanismes électriques alors que les trains autonomes sont voués à rouler sur des circuits ouverts (rails) et seront capables d’anticiper et de prendre des décisions en cas de danger. Un mécanisme nourri à l’intelligence artificielle qui ne nécessite que très peu d’intervention humaine.
Objectif 2025
Si les premiers trains autonomes sont prévus pour 2025, de nombreux tests doivent encore être effectués en conditions réelles. La SNCF s’est donc associée avec le groupe Thales afin de développer le train du futur. L’objectif : augmenter la fréquence sur certaines lignes, améliorer l’expérience voyageur ou bien encore la sécurité. « Pour réussir à élaborer nos trains autonomes, il faut déverrouiller et automatiser tous les moyens de détection et de localisation. Nous avons besoin de précision. Ensuite, nous devons travailler sur la supervision. Un train ne sera jamais à 100% autonome, il y aura toujours des hommes derrière. Enfin, les nouveaux systèmes de télécommunications vont nous aider à accélérer le développement, notamment avec l’arrivée de la 5G », avait expliqué Luc Laroche, Directeur du projet train autonome SNCF lors de l’édition 2019 de VivaTech.
Pour Amine Arezki, Chief Autonomy Leader (Strategy & Product Policy) chez Thales : « Grâce à la 5G nous pourrions prendre les commandes et régler ce problème de latence. Un conducteur pourrait ainsi se mettre en immersion totale grâce à un système vidéo et lui permettre de piloter l’appareil comme si il était à bord. De même que, à bord du train, nous avons besoin de communiquer avec les passagers afin de leur délivrer de l’information durant leur voyage ou simplement la nécessité de faire remonter un problème lié au train. La 5G va nous permettre d’accélérer considérablement le développement du système ».
L'humain derrière les trains autonomes
En cas de grève, les futurs trains autonomes vont-ils donc réellement permettre de limiter l’impact pour les usagers ? Oui, car les trains seront capables de rouler sans chauffeur. En revanche, il y aura toujours des opérateurs qui surveilleront le trafic et des personnes responsables du bon déroulement du trajet à bord, notamment des contrôleurs. Amine Arezki rappelle également que : « Contrairement aux lignes de métros automatiques, comme la 14 à Paris, le train autonome demande beaucoup plus de surveillance et d’intelligence. Les conditions extérieures sont bien plus complexes ». En attendant 2025, il ne nous reste donc plus qu’à prendre notre mal en patience… ou à miser sur les lignes de transports automatisées, le covoiturage, les véhicules électriques en libre service et de bonnes baskets !
Photo d'ouverture : @Purzibaum