Les GAFA vont-il conquérir le secteur du Tourisme?

Ce dossier provient du MOOK #7

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Julia Luczak-Rougeaux

5 décembre 20194 min de lecture

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Lauren Edvalson© Archives Travolution

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Lauren Edvalson

Ces dernières années, les GAFA ont montré leur intérêt pour le secteur du Tourisme en proposant de nouvelles fonctionnalités voire de nouveaux services venant concurrencer les acteurs traditionnels. Retour sur les dernières annonces des géants de la tech.

Plutôt que de parler de GAFA, il faudrait ici parler de GAF et mettre ainsi Apple de côté. La marque à la pomme n’a pas encore vraiment fait de pas (explicite) dans l’univers du Tourisme. Cette année, Facebook a également moins investi le secteur qu’auparavant. Seule nouveauté à noter : le lancement de Flight Ads, une nouvelle option permettant aux compagnies aériennes d’élargir leur ciblage publicitaire pour booster les réservations de vols. Lancée en septembre 2018, elle permet d’atteindre les utilisateurs qui émettent le désir de voyager à travers leurs recherches sur le web. Une fonctionnalité en phase de test chez Air France aux Etats-Unis.

Si les acteurs du Tourisme doivent surveiller certains géants de la tech, c’est plutôt du côté d’Amazon et Google qu’ils devraient jeter un œil. En juillet dernier, Google a affirmé qu’il ne détenait pas le monopole dans le Tourisme. Le géant estime que les futurs voyageurs ne se rendent pas sur le moteur de recherche en premier lieu lors de la préparation d’un voyage. Ils se rendraient plutôt sur les sites spécialisés. Google ne détiendrait donc pas le monopole de la recherche touristique. Pourtant, 90% des recherches liées au voyage sont réalisées sur Google aux Etats-Unis selon une étude de SparkToro…

Une interface complète, particulièrement pour l’hôtel

Google ne détient peut-être pas le monopole, mais le géant américain semble avoir de l’ambition dans le secteur. En mai dernier, il a lancé une nouvelle plateforme appelée Book on Google, permettant de réserver un hôtel directement dans son environnement. Pour les hôteliers, cette nouvelle plateforme permet de s’affranchir des OTA. La réservation se fait en direct à un détail près : l’internaute n’est pas redirigé vers le site de l’hôtelier et il est invité à payer via Google Pay. Il s’agirait donc plutôt d’une nouvelle dépendance, qui coûterait néanmoins moins cher : une commission de 10% pour Google, contre 16% avec Booking.

En marge de ce nouveau service, le géant américain consolide dans Google Travel les fonctionnalités Flights et Hotels. Dans l’interface, si vous êtes connectés avec votre compte Google, vous verrez apparaître vos voyages passés, vos projets de séjour en fonction de vos dernières recherches effectuées, ainsi que vos voyages à venir. Pour cela, Google se base sur les e-mails de confirmation que vous avez pu recevoir dans votre boîte Gmail. L’interface propose également des parcours de visite et des activités à réaliser sur place.

Laisser Amazon devenir un acteur du travel ou devenir Amazon

Après avoir abandonné Amazon Destinations, un service qui permettait de donner plus de visibilité aux hôteliers en repensant la manière dont ils sont mis en avant sur le site de e-commerce en 2015, c’est sur l’aérien que la société de Jeff Bezos a jeté son dévolu. Depuis mai 2019, Amazon propose des vols domestiques sur le marché indien au travers d’un partenariat avec Cleartrip. Ce partenariat a pour but de proposer des réservations de vols nationaux, avec des réductions plus importantes pour les membres du programme Prime. Des ambitions qui inquiètent le secteur : « Pendant des années, les compagnies aériennes ont eu de la difficulté à concurrencer les agences de voyages en ligne comme Expedia Group Inc et les agents de voyages d’affaires qui contrôlent un grand nombre de clients », a déclaré Gordon Wilson, directeur général de Travelport, « Ils n’auront plus rien si Google ou Amazon se positionne ainsi».

Mais les transporteurs n’ont pas attendu l’offensive d’Amazon pour se diversifier et proposer de l’hébergement, des activités et même des produits de détail. Avant qu’Amazon ne devienne une agence de voyages, ce sont plutôt les compagnies aériennes qui peuvent devenir des « mini Amazon » en proposant d’acheter tout type de produits en lien avec le voyage. C’est d’ailleurs ce qu’a commencé à initier Sabre à travers sa nouvelle plateforme Synxis dans l’hôtellerie. Avec cette plateforme, la société technologique veut permettre aux établissements de vendre n’importe quel produit additionnel. Un modèle qui sera sûrement transposé dans l’aérien.

L’avantage d’Amazon réside dans les habitudes des internautes. Sur sa marketplace, la quasi-totalité des produits proposés constitue des achats fréquents. La firme de Seattle pourrait donc vendre des vols à prix réduit et récupérer une partie de cette promotion auprès des clients qui achètent d’autres produits Amazon et de leurs frais d’adhésion Prime.

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