Les 10 et 11 décembre se tiendra le Campus de l’Innovation Touristique au Cap d’Agde. L’occasion pour Paul Arseneault, Titulaire de la Chaire de Tourisme Transat de l’ESG UQAM, d’animer trois conférences. Le Tourisme circulaire peut-il résoudre la problématique du surtourisme ? Comment la destination peut-elle redonner du sens au voyage ? Enfin, à l’heure où la technologie répond rarement aux besoins du Tourisme, comment privilégier l’innovation ?
Quels seront les thèmes de vos interventions au Campus de l’Innovation Touristique (CIT19) ?
Paul Arseneault, Titulaire de la Chaire de Tourisme Transat de l’ESG UQAM. Crédits : Paul Arseneault
Paul Arseneault : J’anime trois conférences dans le cadre du Campus de l’Innovation Touristique. Ma première intervention consistera à questionner, dans une logique de durabilité, les professionnels de l’industrie sur la possibilité d’imaginer un Tourisme circulaire. C’est une réflexion essentielle pour tenter de répondre à la problématique de longue date du surtourisme. Face au contexte d’anxiété générale, j’animerai dans un deuxième temps, une conférence dédiée aux institutionnels à vocation plus sociologique. Je m’appuierai notamment sur une récente étude qui met en lumière les 5 fonctions principales d’une destination. L’idée étant d’aider le directeur d’un office de tourisme à s’adapter à son environnement et de réfléchir à comment cet acteur peut redonner du sens au voyage. Enfin, ma troisième intervention visera à aider les professionnels du secteur à prendre en compte l’impact du numérique sur leur activité.
Le public doit-il s’attendre à un inventaire des technologies à expérimenter ?
Au contraire, j’interviendrai pour questionner l’industrie sur l’impact réel des technologies dans leur activité. À mon sens, c’est un vecteur de désenchantement. Depuis 20 ans, on promet aux professionnels du secteur que la technologie est la solution. Or, aujourd’hui encore le GDS, un système imaginé dans les années 1970, constitue l’outil de distribution principal. Mon rôle sera de casser les mythes technologiques et d’en questionner l’usage pour rappeler au public qu’il s’agit avant tout d’un moyen. À l’heure où l’on parle beaucoup de big data, d’intelligence artificielle ou de blockchain, rares sont les exemples d’applications à valeur ajoutée qui ont vu le jour dans le Tourisme. Les startups ont la capacité d’apporter une réponse innovante à une problématique sans pour autant exploiter les technologies de pointe. Je préfère donc attirer l’attention du public sur la notion d’innovation.
Photo d’ouverture : Agê Barros