Lors du salon Voicetech Paris, Philippe Daly, General Manager, Alexa Skills & Voice service chez Amazon, est revenu sur l’évolution d’Alexa depuis sa création il y a 5 ans et a expliqué les enjeux liés au Vocal pour les entreprises. Avec le lancement du paiement intégré par commande vocale il y a quelques jours, la firme de Seattle semble tout mettre en œuvre pour qu’Alexa conserve sa place d’assistant vocal le plus utilisé au monde.
Inspiré par l’intelligence artificielle quasi omnisciente du vaisseau spatial de Star Trek, Jeff Bezos a vu dans le développement des interfaces vocales le « support idéal de l’expérience client ».
Lancé il y a 5 ans, Alexa est désormais disponible dans 14 pays dans la langue locale et dans 80 autres en anglais et s’impose comme le premier assistant vocal au monde en intégrant 100 millions d’appareils. « Chaque mois, Alexa enregistre 50 milliards de requêtes vocales. D’ici 2022, nous nous attendons à 200 milliards de requêtes mensuelles », prédit Philippe Daly.
Un canal transactionnel
Pour favoriser ce scénario, Amazon ne se contente plus de sa gamme et intègre également Alexa dans des appareils tiers — plus de 150 dont Freebox Delta, Jingo d’Orange ou encore la prochaine box SFR — et a ouvert sa technologie aux développeurs. « Le programme Amazon Developers Reward permet aux petites structures de gagner de l’argent tous les mois, compte tenu des performances des skills (applications vocales, ndlr) développées », rapporte Philippe Daly.
L’objectif ? Développer l’expertise des développeurs en matière d’interfaces vocales pour accompagner des grands groupes sur ces sujets demain. Avec le lancement de la fonctionnalité d’achat il y a quelques jours, les développeurs peuvent se former dans le domaine de l’expérience d’achat par commande vocale et augmenter leurs revenus. Celle-ci est disponible pour l’achat de biens ou services, de consommables ou sous forme d’abonnement. « Amazon propose un modèle de rétribution favorable aux développeurs (70/30), 70% du montant de la transaction leur étant redistribué », précise-t-il.
Anticiper l’impact du vocal
Actuellement, Alexa compte 2 000 applications vocales disponibles en français. Ainsi, un peu plus d’un an après son lancement sur le marché français, l’assistant vocal d’Amazon a séduit plus de trois millions d’utilisateurs dans l'hexagone. « Grâce à Alexa, ils ont pu jouer plus l'équivalent de 5000 années de musiques en streaming », souligne Philippe Daly. Bien que le médium vocal soit assez jeune, le collaborateur d’Amazon a appelé les sociétés à se pencher sur le sujet pour anticiper son impact potentiel.
Le cycle de développement d'une application vocale selon Amazon : identifier un cas d'usage précis et récurrent, définir son identité sonore, développer, communiquer et promouvoir, prendre en compte les retours et ajuster les fonctionnalités. Crédits : TOM.travel
« L’enjeu pour les marques est de prendre un temps d’avance sur ce support, à l’image de celles qui ont cru dans le smartphone il y a 12 ans », rappelle-t-il. Et avant de passer par la case développement, « bien plus facile que pour une application mobile », il conseille d’identifier un ou deux cas d’usage précis et récurrent mais surtout de « réfléchir à l’identité sonore » qui incarne au mieux sa marque. Interrogé sur l’avenir du programme Alexa For Hospitality piloté avec Marriott, le collaborateur d’Amazon s’est dit très « satisfait » par l’expérimentation qui a permis à la chaîne hôtelière d’offrir un haut niveau de personnalisation à ses clients aux États-Unis tout en développant de nouveaux services.
Photo d'ouverture : TOM.travel
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