A l'occasion de la conférence GBTA 2019 à Munich, TOM.travel s'est entretenu avec Olivier Benoît, Vice President & Global Air Practice Leader chez Advito. Analyse prédictive, NDC, outils technologiques ou bien encore "nudge", la filiale de BCD Travel se fixe l'objectif d'accompagner au mieux le marché du Business Travel en pleine transition.
Olivier Benoît, Vice President & Global Air Practice Leader chez Advito
Aujourd’hui, quels sont les outils mis à disposition des entreprises pour rentre le Voyage d’Affaires plus rentable ?
Il y a pour moi deux catégories d'outils mis à disposition des entreprises aujourd’hui pour améliorer la rentabilité du Voyage d’Affaires : les opérationnels, ceux relatifs aux transactions, et les outils qui vont permettre d’optimiser le management de la dépense Travel. En utilisant ces outils, nous pouvons arriver à comprendre quelles sont les tendances, les expliquer et donc avoir une meilleure gestion des coûts. Mais au-delà de la réduction des coûts, de plus en plus de clients nous demandent d’augmenter l’adhésion des voyageurs au programme de l’entreprise afin d’améliorer leur satisfaction. Il faut que le travel manager ait la vision la plus complète possible des dépenses et c’est là un immense défi. Ces outils, et ce grâce à l’innovation technologique, permettent aujourd’hui d’améliorer cette visibilité. L’enjeu : consolider des sources de données multiples grâce à une solution globale afin d’avoir plus de leviers dans leurs négociations auprès des fournisseurs.
Vous parliez il y a un an d’une politique adoptée chez BCD, basée sur le « nudge » qui s'intéresse au comportement du consommateur. Quels en sont les résultats ?
Le nudge est avant tout du marketing. Il sert à guider le voyageur. Nous, nous allons mettre en forme des pages administratives afin de donner envie aux voyageurs de lire et de prendre connaissance de certaines informations liées à la politique voyages de leur entreprise. Cela passe notamment par de la communication en interne. Cette technique va également permettre d’optimiser l’information, de l’identifier et de créer une cohérence entre les différents canaux. Ainsi, la satisfaction est censée fortement augmenter et donc le taux de leakage devrait diminuer. L’objectif final est de pouvoir réaliser entre 2 et 4% d’économies par an. En Europe, le nudge est devenue notre secteur d'activités qui progresse le plus.
De même, Advito s’est exprimé sur les algorithmes prédictifs. Où en est le développement de ce type de solutions, notamment dans l’aérien?
Effectivement, l’outil Air Far Predictor ne prend pas uniquement en compte les données historiques mais plutôt l’utilisation de données réelles. Je m’explique. Chez Advito, nous parlons plus d’observation que d’analyse prédictive. En effet, nous avons développé des outils qui permettent d’acheter dans le futur et d’estimer un budget. Nous récupérons des prix futurs basés sur des données réelles L’avantage pour le travel manager sera double : mieux négocier avec les fournisseurs et mieux orienter les achats des voyageurs. L’entreprise va ainsi pouvoir réaliser un gain de coûts et améliorer sa gestion de budget. Autre levier très puissant, l’anticipation pour la négociation des classes dans l’aérien. Début 2020, cet outil va également nous permettre de faire du reporting sur l’évolution des prix futurs.
L’essor de NDC va-t-il pousser les ventes additionnelles auprès des voyageurs et donc amener les travel managers à revoir leur politique voyage ?
NDC va effectivement impacter les travel managers et la façon dont ils vont créer leur programme. Il y aura plus de choix, plus de personnalisation des offres pour les voyageurs mais également des interfaces plus agréables pour l’utilisateur. Même si cela met du temps, l’adoption de la norme NDC est en cours. IATA a par ailleurs annoncé que l’objectif était que 20% des transactions indirectes se fassent via NDC d’ici fin 2020. En revanche, le pourcentage dans le Corporate Travel sera infime par rapport au Leisure. Pour les travel managers il y aura effectivement un risque d’augmentation des dépenses car les voyageurs seront davantage poussés à la consommation de services additionnels. Les négociations avec les compagnies aériennes n’ayant pas encore débuté, elles auront lieu dans le meilleur des cas en 2020.
Photo d'ouverture : @agkdesign