METRON : l'intelligence artificielle au service de la décarbonation

Créée en 2013, la jeune pousse METRON a développé une solution d'intelligence artificielle dédiée à l'énergie.

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ML

Margot Ladiray

14 novembre 20193 min de lecture

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© Archives Travolution

Créée en 2013, la jeune pousse METRON a développé une solution d'intelligence artificielle dédiée à l'énergie. Aujourd'hui, la société souhaite accompagner les acteurs de la mobilité afin d'optimiser leur gestion énergétique et réduire leur empreinte carbone. Entretien avec Vincent Sciandra, CEO et fondateur de METRON. 

Vincent Sciandra, CEO et fondateur de METRON. Crédits : Metron

Quel est le concept de METRON ?

METRON développe une plateforme technologique capable de gérer des flux énergétiques dans n’importe quel domaine. L’objectif est que l’intelligence artificielle puisse greffer sur chaque molécule des données qui nous permettent ensuite de comprendre son fonctionnement. Grâce aux informations sur ces énergies, nous pourrons ensuite optimiser les flux énergétiques au sein des entreprises, chez les particuliers ou bien encore dans les sociétés de transport. Aujourd’hui, nous ne voulons plus juste consommer de l’énergie. Nous voulons également connaître son empreinte carbone, savoir comment la stocker, la gérer, l’optimiser, la revendre… C'est pour répondre à toutes ces problématiques et accompagner chaque acteur dans ce changement que nous avons créé METRON.

Comment développez-vous vos systèmes d’IA ? Quels types de données sont collectées ?

Nous développons une IA propre à chaque secteur puis nous travaillons sur des algorithmes génériques qui vont être capables de s’adapter à chaque entreprise ou contexte. Le cas par cas n’est pas bénéfique puisqu’il y a des problèmes fondamentaux et universels dans la gestion de l’énergie. Nous allons ensuite nourrir cette IA grâce à des bases de connaissances qui évoluent en continu.

En parallèle, nous récoltons deux types d’informations : les données endogènes, celles qui existent dans les systèmes qui consomment l’énergie ; et les données exogènes, qui sont les données indirectement liées à la machine mais qui « gravitent » autour d’elle, comme la météo. L’objectif final est la réduction des coûts et une meilleure capacité d’anticipation des besoins.

Appliqué au domaine du transport, quelle est l’utilité de ce système ?

Il y a un élément important à prendre en compte : le monde de la mobilité évolue en permanence. Avec l’émergence massive des systèmes alternatifs au diesel et aux véhicules thermiques, nous observons une véritable concentration de consommation électrique en milieu urbain. C’est ce que nous appelons la décarbonation massive. Or, ce mouvement vers l’électrique pose un problème : comment gérer cette énergie si demain, l’ensemble de la flotte devenait électrique ? METRON est justement là pour aider les acteurs à récolter des données sur la consommation des véhicules, les types de conduite, etc. Afin de pouvoir les recharger en évitant les pics de consommation. L’IA va notamment prendre en compte les données endogènes et les croiser aux exogènes pour nous délivrer la meilleure option possible. Par exemple, quel véhicule charger en priorité, l’objectif étant de réduire la consommation d’énergie de façon drastique.

Quels sont les segments d’activités que vous visez dans la Mobilité ?

Nous visons, pour le moment, le marché des transports en commun, un segment extrêmement porteur qui évolue très rapidement. Notre vision à l’avenir est de s’implanter dans le marché du transport ferroviaire et puis, au-delà, d'apporter nos technologies dans l’aérien. L’aérien est un marché complexe car une fois en l’air l’avion est en vase clos, un micro-réseau. Il faudra ainsi savoir gérer l’énergie hors-sol et de façon autonome. Nous travaillons d’ores et déjà sur ce type de projet avec l’université de Singapour. Notre objectif reste bien évidemment d’adapter notre technologie à tout type de secteur.

Les données numériques sont-elles prises en compte ?

Oui tout à fait, les données liées au green IT sont prises en compte. A vrai dire, toute information qui vient nourrir notre système nous importe afin de pouvoir déployer des systèmes autonomes, capables de penser par eux-mêmes et de transférer automatiquement des informations essentielles.

Photo d'ouverture : @othentikisra

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