Biométrie, mobile, automatisation : l’aéroport sera connecté ou ne sera pas

Dossier paru initialement dans le MOOK Fusion #7

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ML

Margot Ladiray

8 novembre 20197 min de lecture

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© pxhere

Plus grand hub au monde, l'aéroport de Pékin-Daxing se veut vert et connecté. Crédits : ADP ingénierie

Dossier paru initialement dans le MOOK Fusion #7 

Les aéroports ne cessent d’innover à travers le monde. Scanner à bagages, livraison de repas ou bien encore biométrie, les différents acteurs souhaitent faciliter le parcours voyageur et lui faire gagner du temps. Tour d’horizon des dernières initiatives dans le secteur.

Selon une étude annuelle de Travelport parue fin 2018, les voyageurs sont demandeurs de nouvelles technologies lors de leur parcours. Si le mobile reste en tête des tendances, le contrôle biométrique aux aéroports est plébiscité par 81% des voyageurs d’affaires, contre 15% dans le loisir.

« L’industrie du voyage a toujours été pionnière dans les nouvelles expériences technologiques et a adopté des solutions très tôt. Aujourd’hui, il y a une demande très forte en matière de recherche vocale et en filtrage biométrique à laquelle nous devons répondre. Observer cet enthousiasme commun nous motive à fabriquer les technologies du futur», déclare Gorson Wilson, Président de Travelport. L’objectif premier de ces nouveaux dispositifs : un réel gain de temps pour les voyageurs et les employés de l’aéroport.

Des contrôles biométriques dans tous les aéroports américains d’ici à 2023

En novembre 2018, la compagnie aérienne Delta était l’une des premières au monde à mettre en place un parcours voyageur 100% biométrique à l’aéroport d’Atlanta. Avec plus de 180 millions de passagers transportés chaque année et 302 destinations desservies, Delta est l'une des plus grandes compagnies aériennes au monde, tout comme l’aéroport d’Atlanta qui est le plus important au monde  en termes de trafic aérien avec plus de 1 000 départs chaque jour. Grâce aux bornes d’enregistrement, les passagers volant avec la compagnie peuvent ainsi utiliser un système de reconnaissance faciale pour s'enregistrer, ajouter un bagage ou bien encore réserver un siège.

delta-inaugure-son-terminal-biometrique-a-atlanta La compagnie aérienne américaine Delta inaugurait jeudi 29 novembre 2018, le premier terminal biométrique des Etats-Unis à l'aéroport d'Atlanta. Crédits : Eventiz Media Group

Pour valider le check-in, le client doit ensuite scanner son passeport via la borne où les informations seront directement enregistrées. Il peut alors passer la sécurité et embarquer grâce au même dispositif sans avoir besoin de présenter son passeport ou sa carte d'embarquement (sauf pour les destinations internationales). « A terme, nous voudrions que nos passagers puissent avoir accès à ce système dans tous les aéroports où nous opérons des vols, y compris avec nos partenaires internationaux », explique Gil West, COO de Delta. « Que cela soit en Europe, en Asie, dans le Minnesota ou à New-York, nous souhaitons connecter les aéroports entre eux afin de créer un véritable réseau », ajoute-t-il.

Aux Etats-Unis, les autorités ont annoncé leur intention de vouloir équiper 97% des aéroports du pays d’ici à 4 ans avec des systèmes de reconnaissance faciale. Au Canada et aux Pays-Bas, les deux pays s’apprêtent à tester un nouveau système d’identification biométrique qui permettra aux voyageurs de prendre leur vol sans passeport. En France, les aéroports ont mis en place plusieurs passages automatisés rapides de frontières extérieures (PARAFE) afin de fluidifier et de renforcer la sécurité aux frontières grâce à la reconnaissance faciale. Si la biométrie permet en effet de fluidifier le parcours voyageur, elle représente également de nombreux avantages pour les autorités. En 2019, l’Union européenne a notamment annoncé la création d’un fichier qui réunira les identités de plus de 350 millions de citoyens. L’objectif de ce nouveau dispositif : permettre l’interconnexion entre les systèmes de contrôles aux frontières.

De nouveaux services pour améliorer l’expérience voyageur

Plusieurs aéroports proposent désormais des bots conversationnels afin d’informer les passagers en temps réel. A Dubaï, Londres ou bien encore Melbourne, les infrastructures ont adopté la solution SaaS de la jeune pousse Biztweet. Via Messenger ou Twitter, l’outil permet d’informer sur l’état d’un vol et facilite les interactions en temps réel entre les aéroports et leurs passagers.

Les compagnies aériennes veulent également en finir avec les mauvaises surprises liées à la dimension des bagages. Désormais, il est possible d’utiliser la réalité augmentée afin de vérifier les dimensions des bagages cabines. Accessible via les applications mobiles d’eDreams ODIGEO, par exemple, cette fonctionnalité prend automatiquement en compte les détails de la réservation du client et notamment ceux de la compagnie avec laquelle il voyage, les dimensions des bagages à main variant d’un transporteur à l’autre. Muni de son smartphone, le voyageur n’a qu’à superposer le mètre virtuel sur son bagage pour en vérifier les dimensions.  En parallèle, plusieurs compagnies aériennes proposent désormais le suivi de bagages à l’instar d’Aeromexio qui a intégré la solution WorlTracer de SITA à son chabot passagers. Cet assistant conversationnel permet de donner l’emplacement précis des bagages auvoyageur via WhatsApp ou Messenger.

Shop and travel

En parallèle, les aéroports deviennent des lieux de commerce connecté à part entière. Fin 2018, Amazon annonçait en effet se préparer à installer un premier magasin numérique dans les principaux aéroports américains. L’objectif du géant du e-commerce : ouvrir 3 000 magasins au cours des prochaines années et notamment dans des lieux stratégiques tels que les aéroports. Ces magasins baptisés « Amazon Go » offrent la possibilité aux clients d’acheter leurs articles sans passer par la caisse en numérisant leur carte de crédit à l’entrée. Tout au long du parcours d’achat, des caméras suivent le consommateur pour savoir exactement ce qu’il se trouve dans son panier. Le paiement se fait ensuite aux portiques de sécurité. Amazon envisage d’ouvrir ces magasins sans file d’attente et sans caisse aux aéroports les plus fréquentés des Etats-Unis tels que San José, Los Angeles ou bien encore Dallas.

La jeune pousse Airfree a cette année finalisé une levée de fonds de 2,3 millions d’euros afin de transformer le shopping à l’aéroport. Via une marketplace réunissant les produits des boutiques des aéroports, les voyageurs peuvent réaliser leur shopping en vol avant de récupérer leur achat une fois arrivés. Ce système de « click &collect » a pour objectif de dynamiser les ventes des boutiques duty-free et, pour les compagnies aériennes, d’offrir un nouveau service à leurs passagers.

le-restaurant-autonome-invasion-gares-et-aeroports Les restaurants autonomes envahiront-ils les gares et les aéroports ? Crédits : Pazzi

Concernant les offres de restauration, à l’aéroport Paris-CDG, la société Interactive Mobility s’est associée à la marque EXKI afin de proposer un service livraison de repas. Baptisé "Shop-to-me", ce service de livraison est mis à disposition sur des iPads dans le salon Business du Terminal 2F. Les voyageurs pourront ainsi commander des plats, desserts, tartes... et être livrés à leur porte d'embarquement. En parallèle, la jeune pousse Pazzi a ouvert son premier restaurant en région parisienne. Sa particularité ? Le pizzaïolo n’est autre qu’un robot capable de concocter 100 pizzas à l’heure. La pizzeria autonome ou « Pazziria » s’avère être une solution de restauration optimale pour les opérateurs de zones de flux. Avec la possibilité d’une ouverture 24 h/24 et 7 j/7, l’établissement pourrait parfaitement s’intégrer dans les gares, aéroports, centres commerciaux ou campus universitaires.

Les aéroports investissent désormais dans l’innovation afin de fluidifier le parcours du voyageur et les flux, tout en renforçant la sécurité. Autrefois connotés comme simples lieux de passage, ils deviennent aujourd’hui de véritables lieux de vie créant ainsi leur propre écosystème.

Crédits : Wonderlust

Photo d'ouverture : © pxhere

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