Le Salvador Dalí Museum ressuscite l’artiste catalan grâce à l’IA

Depuis mai 2019, les visiteurs du Salvador Dalí Museum de St-Petersburg en Floride peuvent « rencontrer », discuter et même prendre un selfie avec une version…

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Hugo Pellegrin

29 octobre 20193 min de lecture

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© Archives Travolution

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Depuis mai 2019, les visiteurs du Salvador Dalí Museum de St-Petersburg en Floride peuvent « rencontrer », discuter et même prendre un selfie avec une version numérique de Salvador Dali. Une utilisation du « deepfake » plus éthique que les mises en scène douteuses de personnalités et qui ouvre la voie à des expériences culturelles d’un nouveau genre.

« Si un jour je peux mourir, même si c’est peu probable, j’espère que les gens dans les cafés diront : Dalí est mort, mais pas entièrement ». Ces paroles prononcées par l’artiste Salvador Dalí avant sa mort se sont réalisées l’année de son 115ème anniversaire, grâce à une application de l’intelligence artificielle. Depuis le mois de mai 2019, le Salvador Dalí Museum de Saint-Petersburg en Floride, a ressuscité le maître du surréalisme en tant qu’intelligence artificielle qui apparaît sous la forme d’une vidéo diffusée au sein du musée.

Installé dans trois kiosques vidéo à taille humaine à l’entrée du musée, Dalí accueille les visiteurs, partage sa vision de l’art ou d’autres artistes et propose même de prendre un selfie aux touristes. Un projet intitulé Dalí Lives, qui a vu le jour grâce au travail de l’agence Goodby Silverstein & Partners et à l’exploitation d’un outil controversé de l’intelligence artificielle nommé « Deepfakes ». Cette technique permet de générer et mettre en scène l’image d’un humain à partir d’une série de photos.

Un usage plus éthique du « deepfakes »

Bien que certains s’amusent à l’utiliser pour mettre des célébrités en scène dans des vidéos pornographiques notamment, la technique s’avère intéressante lorsqu’elle tombe entre de bonnes mains. Le musée a pu fournir 6000 images et des milliers de manuscrits du peintre afin d’entraîner l’outil « Deepfakes » de l’agence durant 1000 heures. Deux acteurs ont également participé au projet, s’entraînant à imiter l’artiste catalan grâce aux images d’archives pour retranscrire ses manières. Résultat : l’IA de Dalí ne se contente pas de dire quelques phrases récitées à son public, mais est capable de parler pendant 45 minutes. Le tout dans la plus grande précaution afin d’éviter que la reproduction n’en vienne à tenir des propos qu’il n’aurait jamais eu de son vivant. Chaque choix a donc fait l’objet de débats pour tenter de rester le plus fidèle à la personnalité de l’artiste.

Crédits : Salvador Dalí  Museum

« L’authenticité était probablement l’un des mots clés que nous défendions. Il faut faire attention, évidemment. Nous voulons montrer le facteur cool de ceci. C’est une intelligence artificielle, ce n’est pas une vidéo de lui d’antan. En même temps, nous ne voulions pas lui mettre des mots dans la bouche », explique Kathy Greif, directrice de l’exploitation du Musée Dalí à The Fast Company. Les expositions d’œuvres d’art créées par des IA ou encore le tête-à-tête avec la Joconde rendue possible grâce à la VR, illustrent le rapprochement entre culture et technologie. Celle-ci n’étant plus uniquement un outil de promotion culturel mais ouvrant la voie à des expériences inédites.

Photo d’ouverture : Salvador Dalí Museum

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