Pendant le salon IFTM Top Résa, une table-ronde s’est tenue sur le thème des activités. Intitulée « Activités tourisme : le nouvel eldorado ? », elle rassemblait un beau panel : Booking, Google, TUI et Bookingkit.
« Nous sommes passés du things to see au things to do », a commencé par expliquer Charles-Antoine Duron, Head of Travel Industry chez Google. Il entend par là que le marché des activités s’est étendu et ne concerne plus seulement la visite de musées ou de monuments. Si les tours et activités restent encore loin derrière les recherches pour des hôtels ou des vols sur le moteur de recherche, elles ont progressé de 10% les 9 derniers mois. Le marché reste très fragmenté avec des niveaux de service différents.
Les tours et activités sont présents dans deux services de Google : Google Match au sein de Google Maps et Explore au sein de Voyages. « Nous rassemblons les notes et avis afin d’aiguiller les utilisateurs sur les différentes activités », a continué Charles-Antoine Duron avant d’ajouter : « Ce que nous voulons, c’est être un connecteur entre clients et partenaires ». Le géant de Mountain View fait notamment du marketing prédictif afin de proposer des activités avant le départ en vacances.

TUI, fabricant d’expériences
Depuis le rachat de Musement il y a un an, TUI se voit comme un fabricant d’expériences. « Nous voulons être l’acteur de la convergence », a déclaré sur scène Serge Laurens, Directeur Général Adjoint de TUI. TUI Destination Expériences a vendu l’an dernier 6 millions d’activités à travers 49 pays. Avec ce rachat, le tour-opérateur a changé de modèle économique. « Nous sommes à la fois voyagiste, compagnie aérienne, distributeur, producteur », a continué le Directeur Général Adjoint.
Les facteurs clés pour le groupe sont la digitalisation et la personnalisation à travers cette nouvelle activité. Gastronomie, culture, sport, il veut être le plus ouvert possible.
Booking se rêve en one stop shop

L’ouverture est aussi le maître mot de Booking. Le moteur de réservation a également racheté une startup dans le milieu des tours et activités en 2018: FareHarbour. Depuis mai dernier, les internautes peuvent réserver une activité sèche. D’abord proposé dans 10 villes, le service est désormais accessible dans 21 villes et le chiffre n’arrêtera pas d’augmenter. « Nous voulions créer un one stop shop », a expliqué Vanessa Heydorff, directrice France de Booking.com.
La Directrice France croit beaucoup dans l’idée d’une marketplace globale du voyage connecté : « Les clients veulent tout retrouver au même endroit. C’est plus simple ensuite de personnaliser l’approche ». C’est pourquoi Booking propose un inventaire extrêmement large.
La stratégie de diversification de Booking est claire. Mais la plateforme parviendra-t-elle à devenir ce one stop shop du Tourisme quand les concurrents sont nombreux ? En plus des Google, TUI, TripAdvisor, Airbnb, Ctrip et consorts, les hôteliers indépendants eux-mêmes peuvent se lancer sur le marché des activités s’ils le souhaitent grâce à de nouvelles solutions qui voient le jour.
D’ailleurs, Charles-Antoine Duron, Head of Travel Industry chez Google, a partagé son désaccord : « Je ne pense pas qu’il n’y aura qu’un seul gagnant. Il faut davantage travailler la coopération entre acteurs ».
Bookingkit, le super agrégateur des activités
Tout au long de la table-ronde, chaque marque a rappelé que le marché des tours et activités était fragmenté. La startup allemande veut justement réduire cette fragmentation en proposant aux prestataires de services de s’interconnecter avec son système pour se distribuer. Aujourd’hui, 7 000 prestataires utilisent le service. Un chiffre peu élevé mais qui s’explique : Bookingkit est allé voir chacun des prestataires un par un. Un marché fragmenté en effet. « Le nombre de prestataires en France se trouve quelque part entre 50 et 50 000 », a estimé avec humour Thomas Griffiths, Senior Business Development Manager de Bookingkit.
Interrogé en marge de la table-ronde, Thomas Griffiths a expliqué que la startup se voit comme « un GDS des activités ». Même s’il reste encore beaucoup à faire, elle veut devenir leader en Europe en connectant toujours plus les prestataires et pros du Tourisme. Pour cela, un grand travail d’éducation reste à faire. « La passion d’un professeur de surf n’est pas la vente. C’est à nous de mettre en valeur son savoir-faire », a complété le Senior Business Development Manager. Après l’hôtellerie, Boookingkit s’intéresse également aux offices de tourisme.