À l’occasion de l’IFTM Top Résa 2019, TOM a assisté à une table ronde du Club Affaires dédiée à la gestion parfois difficile de la mobilité en entreprise. Les acheteurs comme les fournisseurs estiment que le cadre juridique, l’implication des salariés et la technologie sont les trois piliers qui permettront de faire du « Mobility Management » une réalité en entreprise.
La mobilité en entreprise est un domaine hybride du management qui touche à la fois à la gestion des RH, de la flotte et du Travel. Difficile donc de s’accorder sur le département de l’entreprise qui en hérite. « Malgré cela, le sujet de la mobilité est de plus en plus abordé dans l’entreprise. Le développement croissant du home-office est un exemple de non-mobilité », a illustré Yannick Klein, Directeur Grands Comptes chez Avis Budget Group. Synonyme de flexibilité et d’autonomie pour les collaborateurs, la mobilité correspond au fait de se déplacer d’un point A vers un point B via différents modes de transports.
La gestion de la mobilité en entreprise est-elle un fantasme ou une réalité ? Pour le responsable grand comptes d’Avis, l’intégration par les entreprises des nouveaux modes de transports qui voient le jour en B2C — drones, voitures autonomes, etc. — fait aujourd’hui bel et bien partie du domaine du fantasme. « Il est intéressant de constater que l’évolution qui s’opère en B2C contribue à désacraliser le moyen de transport au profit du déplacement de A vers B », a précisé Yannick Klein, Directeur Grands Comptes chez Avis Budget Group. Pour certaines sociétés, il s’agit bien d’une réalité. C’est le cas de Métro France qui propose une offre de partage de vélos et trottinettes à ses collaborateurs depuis la station RER de Nanterre. Une initiative hybride qui soulève des problématiques juridiques notamment avec la question des avantages en nature, mais devient nécessaire pour « donner envie aux collaborateurs de se rendre sur leur lieu de travail ».
Des problématiques légales
Pour Dimitri Tsygalnitzky, le cadre juridique est le premier levier de démocratisation de la mobilité en entreprise. « Le Plan Mobilité vise à réduire l’usage du véhicule personnel par les collaborateurs. Avec l’arrivée de la loi Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), les entreprises devront inclure dans les négociations syndicales une solution de mobilité à destination des salariés et à hauteur de 400 euros par an et par collaborateur », a expliqué le Vice-président de Kapten Business France. D’autres initiatives juridiques visent à accélérer l’intégration de la mobilité au sein des entreprises.
Le Crédit Mobilité, qui consiste à proposer aux collaborateurs éligibles à une voiture de fonction un plus petit véhicule complété par un crédit pour leurs déplacements professionnels et personnels, en fait partie. Une initiative intéressante notamment pour attirer et retenir les talents issus des jeunes générations. Pour autant, le flou juridique qui gravite autour de ces sujets constitue encore un frein à l’adoption. « L’URSSAF est sensible à ces questions et met en place des diagnostics-conseils gratuits pour les entreprises », a expliqué Phillipe Korcia, Président de l’Urssaf PACA, depuis l’assistance.
Quelle est la stratégie des fournisseurs ?
Au flou juridique, s’ajoute le manque de visibilité sur la vision et le positionnement des fournisseurs estime certains acheteurs. « Kapten dispose-t-elle d’un Plan de Mobilité (PDM) ? », a lancé Isabelle ADAM, Senior Purchasing Manager. En cours de déploiement chez Kapten, ce PDM s’illustre par la création d’un comité RSE visant à soutenir la transition écologique de la société et l’intégration de l’offre de transports publics et « bientôt » des vélos et scooters électrique.
À cela s’ajoute la mise en place de la compensation carbone par l’opérateur VTC d’ici la fin de l’année. « Après le cadre légal, l’implication des équipes constitue le deuxième levier », estime Dimitri Tsygalnitzky. Qualifiant d’aberrations les mesures de mobilité mises en place à Paris — vignettes Crit’Air, système pair/impair —, le responsable Grand Comptes d’Avis a souligné la nécessité pour sa société de se positionner rapidement sur le domaine.
Technologie & Mobility Management
La technologie est-elle aussi un frein ? Chez Kapten qui concentre une population technophile, elle est plutôt perçue comme un levier. « L’émergence des applications MaaS ou TaaS (Mobilité à la demande pour Mobility/Transports as a Service, ndlr) vont faire passer la Mobilité en entreprise du mythe à la réalité », a expliqué Dimitri Tsugalnitzky qui voit dans la technologie le troisième pilier du « Mobility Management ».
Un pilier générateur de contraintes, notamment en matière de sécurité des systèmes d’informations, pour éviter les cyberattaques. La gestion difficile de la mobilité en entreprise découle du fait que la thématique touche à la fois aux RH, à la direction des achats ainsi qu’au Travel Management. Une mission complexe que pourrait assurer le « Chef de l’entreprise Mobilité », d’après l’acheteur du groupe Lagardère.
Photo d'ouverture : TOM.travel
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