
Hier se tenait le France Digitale Day, un évènement qui a vocation à réunir entrepreneurs et investisseurs français du numérique. Toute l’après-midi, de nombreuses sociétés sont venues partager leur vision de l’innovation et de l’entrepreneuriat au travers de tables-rondes. L’une d’entre elles réunissait OUI.sncf, Microsoft et Citymapper.
Comment continuer à innover lorsque l’on est une grande société ? C’est la question que Clara Audry, Directrice d’investissement chez CapHorn Invest et membre du conseil de France Digitale, a posé à Alexandre Viros, directeur général d'e-voyageurs SNCF, et à Carlo Purassanta, Président de Microsoft France.
Pour Alexandre Viros, tout est affaire d’investissement, qu’il soit financier ou humain. L’an dernier, le volume d’affaires d’e-voyageurs SNCF (un ensemble regroupant OUI.sncf, Rail Europe et l’application SNCF) s’élevait à 4,7 milliards d’euros. La SNCF investit des centaines de millions d’euros dans l’innovation et crée de nouvelles équipes dédiées. « J’ai décidé de recruter 100 personnes l’an dernier dans le domaine de la technologie. Chez nous, 150 personnes travaillent actuellement sur le sujet de l’intelligence artificielle », a-t-il déclaré sur scène.
Rester proche des startups
Pour rester jeune, OUI.sncf reste proche de l’écosystème des startups et collabore régulièrement avec elles, notamment au sein de son accélérateur. « Notre but n’est pas de faire du startup washing, mais de bâtir de vrais partenariats », a continué le directeur général.
« Au lancement de Microsoft, il n’y avait pas encore de perception de ce qu’était l’innovation, de ce qui était nouveau », a ensuite expliqué Carlo Purassanta. Pourtant, la première société de logiciels a vite compris qu’elle avait un impact sur les usages. Désormais, elle travaille également avec des startups ou en rachète, comme ce fut le cas dernièrement avec GitHub. Selon lui, « l’’enjeu est de parier votre futur sur un domaine qui n’est pas votre core business ». Et cela est difficile à accomplir. Pour donner un coup de pouce aux jeunes pousses, Microsoft a mis au point un système qui permet de co-vendre des produits avec une société. « Nous vendons ces produits comme s’il s’agissait des nôtres », a décrit Carlo Purassanta.
La nécessité de s’adapter
Côté startup, Azmat Yusuf, CEO de Citymapper, considère que le succès d’une jeune pousse consiste en sa capacité à résoudre un problème. « Notre mission est d’aider les gens à circuler dans une ville », a-t-il expliqué sur scène. L’application est née il y a 8 ans en tirant profit de deux tendances technologiques : le mobile et l’open-data. Pour Citymapper, il s’agit de proposer un service qui corresponde à chaque ville. « A Paris, vous possédez une multitude de transports, ce qui est génial. Mais nous avons dû nous adapter, notamment lors de l’arrivée des trottinettes », a continué Azmat Yusuf. Lors de la grève du vendredi 13 septembre, là encore l’application a dû s’adapter à la situation.
L'idée de s'adapter a ensuite été reprise par Alexandre Viros. Selon lui, OUI.sncf, Microsoft et Citymapper ont toutes vu le jour en réponse à un besoin. Toutes veulent simplifier la vie de leurs utilisateurs. C’est pourquoi OUI.sncf a dû s’adapter rapidement lors de l’arrivée du mobile. «Aujourd’hui, il y a un cimetière rempli d’entreprises qui n’ont pas voulu croire dans le potentiel du mobile », a-t-il déclaré. Pour rester agile, l’entreprise mise également sur ses collaborateurs qui peuvent travailler sur un projet d’innovation s’ils le souhaitent.