Le 19 juillet 2019 marquait le cinquantième anniversaire des premiers pas de l’Homme sur la Lune dans le cadre du programme Apollo 11. À cette occasion, 15 auteurs de science-fiction (SF) français et étrangers ont partagé leur vision de la conquête spatiale dans 50 ans sur le site du HuffPost. Outre la conquête de la Lune et de Mars ou encore l’exploitation privatisée des cieux, plusieurs écrivains corroborent l’idée que, demain, l’espace constituera une destination touristique à part entière. D'autres comme Alain Damasio, estiment à l'inverse qu’il ne se passera rien d’ici 2069.
Dans son scénario, Philippe Curval, Auteur de « Le Ressac de l’espace », « L’Homme qui s’arrêta », éditions La Volte, imagine la Lune comme un territoire international où collaborent « les nations qui auraient développé des navettes fiables pour les voyages Terre-Lune ». Peu convaincu par l’idée que l’humanité perce à jour les mystères de l’univers « avant quelques siècles », l’auteur juge cependant crédible le développement du tourisme spatial. Sans pour autant donner d’estimations plus précises, il n’écarte pas l’idée d’assister à des « courses de bolides autour de la Terre ». Un événement plus fédérateur que l’actuelle coupe du monde de football ?
Dans son scénario Catherine Dufour, Autrice de « Le goût de l’immortalité », imagine le Tourisme spatial comme une offre réservée aux fortunés plutôt qu’un produit de tourisme de masse. « Dans 50 ans, les plus riches d’entre nous iront passer l’été dans un des Hôtels Spatiaux Internationaux, loin de la fournaise terrestre », écrit-elle pour le HuffPost. Et pour s’occuper, ces « touristes sélénites » pourront visiter les œuvres des artistes néo-contemporains exposés dans l’annexe lunaire de la Tate Gallery, située « sur la mer de la Tranquilité », une mer lunaire située sur la face de la Lune tournée vers la Terre.
Du « City break » au « Moon Break »
En 2069, Christian Léourier, Auteur du Cycle de Lanmeur, voit dans l’exploration spatiale désormais majoritairement privée. Conséquence de la recherche de la rentabilité, l’énergie constitue le premier domaine d’exploitation spatial et fournit 60 % de l’offre terrestre. Sur le sol lunaire, les professionnels du Tourisme survivants du numérique semblent avoir réussi leur transformation spatiale. L’offre de séjours courts qu’ils y ont développée permet aux « quatre bases permanentes lunaires » de s’autofinancer.
En 2069, les « Moon Break » volent la vedette aux actuels « city break ». Pour Robert Wilson, l’auteur de « Spin », cette même année marquera peut-être l’entrée dans « l’âge d’or des voyages dans l’espace ». Mais ce, à condition « qu’il existe encore une civilisation technologique viable dans cinquante ans (ce qui n’est pas certain) », peut-on lire.
« Technologiquement réalisable, mais peu probable »
Un scénario plus pessimiste ou réaliste diront certains, est celui dépeint par Alastair Reynolds, Auteur du « Cycle des Inhibiteurs ». « Même si je reconnais que la colonisation de la Lune et de Mars et la croissance exponentielle du tourisme spatial sont technologiquement réalisables, je ne pense pas que nos activités se développeront de manière spectaculaire », explique-t-il au HuffPost. La bonne nouvelle dans tout ça ? Le scénario dépeint sous-entend que notre société n’a pas « totalement » succombé aux menaces nucléaires, écologiques ou religieuses.
Enfin, plusieurs auteurs se montrent bien moins optimistes quant au futur de la conquête spatial. Considérant que les acteurs du domaine n’ont « rien fait depuis 1969 », Alain Damasio, Auteur de « Les Furtifs », estime qu’ils n’en feront pas plus d’ici 50 ans. Pour Sabrina Calvo, Autrice de « Toxoplasma », si la notion de « conquête spatiale » est toujours d’ordre en 2069, l’humanité n’aura pas mérité sa place dans les étoiles. Elle préfère l’imaginer dans un univers virtuel infini afin d’assouvir son ivresse « d’eXploration, d’eXpansion, d’eXploitation et d’eXtermination ».
Photo d’ouverture : NASA
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