Il y a deux jours, on fêtait les 50 ans des premiers pas sur la Lune. Si l’open source n’était pas encore au cœur de la mission Apollo 11, la collaboration entre les nations et les entreprises est aujourd’hui indispensable pour réaliser des progrès significatifs et envisager Mars comme une future destination touristique. Red Hat, l’éditeur de solutions derrière Linux, a d’ailleurs installé sa solution RHEL à bord de l’ISS. Yan Fisher, Global Technology Evangelist chez Red Hat, nous a expliqué le rôle que jouait l’open source dans cette conquête de l’espace et l'avènement du Tourisme spatial.


Aujourd’hui, presque tout le système informatique de l’exploration spatiale est construit sur les fondations de l’Open Source et de Linux. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Historiquement, si vous regardez l’exploration spatiale, plusieurs nations ont déjà collaboré ensemble au sein de l’ISS (Station spatiale internationale, ndlr). Aujourd’hui, de la même manière, ce sont les entreprises qui collaborent ensemble lors de découvertes scientifiques. C’est là le socle de tout système open source. Il y a une volonté de retourner sur la Lune et de se rendre sur Mars. La collaboration entre ces entreprises et la réussite de ces missions reposent sur la mise en commun d’informations et sur l’utilisation de systèmes robustes. Une entreprise travaille par exemple sur des propulseurs de fusée. Elle a besoin de s’interconnecter à d’autres sociétés pour avancer plus rapidement dans ses recherches.
Pouvez-vous nous donner des exemples d’utilisation de votre technologie dans le domaine spatial ?
Récemment, nous avons participé à l’élaboration du superordinateur Spaceborne qui équipe l’ISS depuis un an et demi environ. Il est capable de fonctionner dans l’espace et de se connecter à des data centers sur Terre. Cet ordinateur a été développé par Hewlett Packard Enterprise (HPE) et fonctionne grâce au système d’exploitation Linux de Red Hat.
Comment l’open-source peut-il accélérer le Tourisme spatial ?
L’open source permet aux sociétés de collaborer pour avancer plus vite. On peut donc très bien imaginer que dans quelques temps, il sera possible de se rendre au spa sur Mars. Il s’agira sans doute d’un privilège réservé aux plus riches dans un premier temps, mais le ticket d’entrée a déjà bien baissé. Il y a 10 ans, envoyer quelqu’un dans l’espace coûtait 50 millions de dollars. Et pourtant, les premiers touristes de l’espace ont vu le jour. La NASA dit qu’aujourd’hui, une chambre sur l’ISS vaut plutôt 45 000 dollars par nuit par personne.
Je pense que le Tourisme spatial fera partie intégrante du Tourisme global. Regardez la croisière. Au départ, les bateaux ne servaient que pour se déplacer d’un point A à un point B. Mais aujourd’hui, ils permettent de vivre un séjour à part entière dans de luxueux bateaux. Peut-être que dans 10 ou 20 ans, une compagnie de croisière proposera des trajets d’un nouveau genre, dans l’espace. Nous sommes en train de créer de solides bases technologiques pour que cela arrive.
Nous travaillons déjà avec des acteurs du Tourisme, comme Amadeus et Sabre, sur Terre. Il est donc possible d’imaginer facilement qu’il sera possible de travailler avec les professionnels du secteur à une plus grande échelle.
Photo d'ouverture : NASA
