TOM s’est entretenu avec Michel Brun, Responsable Commercial chez Tictactrip, pour en savoir plus sur ses ambitions dans le marché de la mobilité à la demande. La startup a développé un comparateur intermodal de mobilité terrestre — train, bus, covoiturage — accessible depuis un site web et mobile. Contrairement à certains concurrents également opérateurs de transport, Tictactrip est un pure player qui se veut « agnostique ». Une transparence sur laquelle mise la jeune pousse pour attirer plus de transporteurs à l’aube de la libéralisation du rail notamment.
Quelle solution proposez-vous chez Tictactrip ?
Michel Brun, Directeur Commercial Tictactrip. Crédits : Tictactrip
Michel Brun : Tictactrip est le premier comparateur intermodal de mobilité entièrement transparent et agnostique. Contrairement à des opérateurs de transports qui créent des outils de mobilité à la demande, nous sommes un pure player. Ainsi, nous avons la volonté d’informer sur l’ensemble des offres que ce soit Flixbus, OUI.sncf ou Blablacar. Un gage de transparence et de confiance vis-à-vis de nos partenaires, qui nous permet également de proposer des combinaisons « train/bus » par exemple ou « covoiturage/train ». Autre particularité : l’outil se concentre sur les trajets longue distance par voie terrestre, soit par bus, covoiturage et transport ferroviaire. Le fait que la majorité des acteurs de la mobilité à la demande s’attaquent en priorité aux métropoles urbaines est un autre élément de distinction.
Chez Tictactrip nous adressons les zones rurales et proposons 650 millions de liaisons en France aux voyageurs. Un service transparent et gratuit pour eux. Nous avons opté pour un modèle de commission en tant qu’apporteurs d’affaires auprès des transporteurs. Nous développerons également des services d’assurance lors de liaisons ratées par exemple. À plus long terme, nous envisageons d’ajouter des offres complémentaires pour de l’hébergement ou de l’événementiel. Autant de développements qui nécessitent d’intégrer le paiement à notre solution, une implémentation qui devrait être finalisée d’ici 6 mois.
Est-ce suffisant pour vous distinguer sur ce marché concurrentiel ?
Contrairement à OMIO ou OUI.sncf nous sommes en mesure d’adresser le dernier kilomètre grâce aux combinés. La desserte des stations de montagne en est l’exemple le plus marquant. Pour un Paris/Méribel, la plupart de nos concurrents sont en mesure d’informer le voyageur jusqu’à Moutiers, la station de train située au pied de la vallée. Grâce à notre travail de proximité avec les transporteurs, nous avons la capacité d’implémenter les offres de transports locales, publiques ou privées. Ainsi, un voyageur qui souhaite se rendre à Méribel en a la possibilité avec Tictactrip, car il accède aux horaires des navettes qui assurent la liaison Moutiers/Méribel.
Quel est l’impact de l’adoption de la Loi Orientation des Mobilités (LOM) sur votre activité ?
En favorisant l’accessibilité à la data des transporteurs, la LOM est complètement bénéfique à notre activité. Cette loi va permettre également de normaliser les jeux de données au format GFTS ou NetEx qui est actuellement le standard européen. Actuellement, nous ne travaillons pas avec les opérateurs qui gèrent des données au format Trident, car le travail de conversion est très lourd. De plus, il existe aujourd’hui une multitude de nouveaux formats, ce qui complique la normalisation des jeux de données. Dans ce contexte, Open Data Gouv réfléchit à la création d’un convertisseur en s’appuyant sur les travaux de Google qui pousse le format GTFS (General Transit Feed Specification) vers le NetEx. De cette manière, tout acteur ayant des données au format GTFS pourra simplement les convertir en NetEx pour être conforme avec la loi Européenne.
Qu’attendez-vous de la libéralisation du rail français ?
L’arrivée d’offres concurrentes sur le rail français constitue une opportunité importante pour Tictactrip. La montée croissante d’opérateurs de transports favorise l’utilisation de notre service. À la clé, ce sont plus de combinaisons possibles pour les voyageurs ainsi qu’une tarification plus juste. En mettant fin au monopole SNCF, la libéralisation offrira aux voyageurs plus d’alternatives pour se rendre d’un point A vers un point B. C’est l’ambition même de Tictactrip. Le bénéfice voyageur sera plus important sur les grandes lignes TGV telles que Paris — Lyon – Marseille. Chez Tictactrip, cela permettra d’offrir plus de choix aux voyageurs en termes de tarification ou d’horaires. Il sera possible de proposer des offres hypercompétitives en combinant du OUIgo et du Flixbus par exemple.
Quelles sont vos ambitions d’ici 3 à 5 ans ?
Nous souhaitons à terme devenir un guichet unique de la réservation de transports terrestres. Aujourd’hui l’agrément SNCF, nous permet de vendre du train directement via notre plateforme, ce qui constitue la première étape de notre croissance. Jusque-là nous avions mis en place un système de redirection vers le site du partenaire. D’ici octobre la fonctionnalité sera intégrée et nous permettra également de distribuer les offres de bus de nos partenaires Eurolines, Flixbus, Altibus.
La deuxième intégration consistera à permettre d’acheter son combiné directement via Tictactrip. Aujourd’hui nous sommes en mesure de vendre du Blablacar uniquement en « réservation instantanée ». Demain, l’objectif est de pouvoir proposer le covoiturage en combiné afin d’être présent dans les zones dépourvues de desserte actuellement. Le voyageur veut accéder aujourd’hui à l’ensemble des offres depuis un point unique, c’est ce que nous souhaitons proposer avec Tictactrip.
Photo d’ouverture : Tictactrip
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