À VivaTech, William Hurley, Fondateur et CEO de Strangeworks, est intervenu sur la Stage X afin de dresser un état des lieux des avancées en matière d’informatique quantique et présenter les challenges de la pratique. Pour lui, la standardisation de la technologie prendra du temps et profitera avant tout au domaine scientifique.
« Je ne suis pas physicien mais un développeur. Ma mission chez Strangeworks, consiste à développer l’architecture logicielle pour rendre l’informatique quantique accessible au plus grand nombre », a introduit William Hurley, CEO de Strangeworks sur la Stage X du salon VivaTech. Le conférencier a insisté sur le fait que l’informatique quantique n’est pas une optimisation de l’informatique classique, mais marque l’entrée de la pratique dans une nouvelle ère. « Le développement du quantique illustre la création d’un nouveau modèle d’ordinateur capable de résoudre des problèmes complexes », a-t-il déclaré. Le Qubit représente l’unité de stockage de l’information quantique, dont les capacités de calcul sont beaucoup moins restreintes que le bit.
Certains analystes prévoient que le marché de l’informatique quantique représentera 1 milliard de milliards de dollars à l’horizon 2025. Note aux investisseurs : « Si vous décidez d’investir dans le domaine, vous n’en verrez pas les fruits d’ici 5 ans. L’informatique quantique s’apparente plus à un voyage sur Mars pour sauver l’Humanité qu’à un séjour à Las Vegas », a-t-il précisé. Plutôt que de s’intéresser à la véracité des prédictions qui varient d’un analyste à l’autre, William Hurley a invité le public à s’y préparer.
Un large domaine d’expertises
« Au début de l’informatique, il était nécessaire d’impliquer des ingénieurs électriques pour comprendre la circulation des signaux, avant de donner la main aux programmeurs et développeurs », a rappelé William Hurley. L’informatique quantique nécessite la même approche en incluant cette fois des physiciens quantiques et des mathématiciens.
Strangeworks a ainsi créé un forum où les différents corps de métiers échangent sur le fonctionnement et le potentiel de l’informatique quantique. « Nous avons également inauguré une plateforme qui réunit les dernières avancées dans le domaine de Google, IBM, Microsoft et Alibaba notamment sur laquelle j’invite les développeurs à se rendre », a-t-il expliqué. Cette réflexion collaborative est une étape indispensable pour créer les logiciels, algorithmes et machines quantiques de demain.
L’industrialisation, un challenge
« Durant trop longtemps, les acteurs de l’informatique quantique se sont obstinés à être les premiers à construire l’ordinateur quantique le plus puissant », a-t-il déploré. Il juge désormais indispensable de se pencher sur les problématiques que la pratique permettra de résoudre. « Cela passe par la création d’une grande communauté en mesure de réfléchir aux solutions des plus grandes problématiques de notre espèce », a-t-il souligné.
Depuis l'invention du concept, les acteurs mènent la course à la puissance de calcul. William Hurley appelle à réfléchir aux challenges que l'informatique quantique permettra de surmonter. © TOM
L’industrialisation de l’informatique quantique ne semble donc pas prévue pour demain. « Aujourd’hui nous n’avons pas d’ordinateur quantique mais uniquement d’excellents équipements en laboratoires de recherche. Il faudra peut-être attendre 10,20, 30 ou 50 ans avant que la standardisation s’opère », a-t-il confié.
Une révolution scientifique
« Le quantique est à l’informatique, ce que sont les avions au train. Deux modes de transport aux différentes fonctionnalités qui coexistent pourtant dans un même secteur », a expliqué William Hurley. En d’autres termes, la pratique ne viendra pas remplacer mais augmenter l’informatique classique.
Et les promesses sont nombreuses. « Il s’agit d’une révolution scientifique capable de guérir nos maladies ou de traiter la problématique climatique. En d’autres termes, d’adresser tous les challenges actuels de l’humanité grâce à une puissance de calcul inédite », ambitionne-t-il.
Photo d’ouverture : TOM
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