Les transports du futur étaient omniprésents au salon VivaTech cette année. Dans les allées, TOM a rencontré la startup HoverTaxi qui ambitionne de devenir le Uber des voitures volantes. Si la règlementation est en train de se construire en Europe, elle affirme que d’ici 2022, le ciel des agglomérations sera peuplé d’engins volants.


Entre les deux halls du salon VivaTech, une sorte d’hélicoptère bleu attirait le regard des passants. Cet engin, c’est l’HoverTaxi, un aéronef électrique équipé de 8 rotors. En quoi est-il différent d’un hélicoptère ? « Il est silencieux et ne pollue pas », répond Charles Dalberto, General Manager d’HoverTaxi. Dans sa version actuelle, l’engin peut transporter un pilote et un passager et parcourir 25 km en 15 minutes. Le nombre de passagers et les distances dépendent de la capacité des batteries, encore limitée aujourd’hui. Contrairement aux avions, l’HoverTaxi ne vole pas à 15 000 pieds du sol, mais à 500 pieds, soit à 200 mètres du sol.
4 business potentiels
Charles Dalberto voit 4 utilisations possibles de son aéronef. La première est lors d’évènements. L’engin pourrait permettre de transporter des personnes d’un point A à un point B lors d’occasions spéciales. Pourquoi pas une liaison Nice / Monaco pendant le tournoi de Monté Carlo par exemple. Deuxième possibilité, le survol touristique au dessus de sites ou d’espaces naturels protégés. Le survol du Mont Saint Michel par exemple. Troisième application, la création de lignes opérationnelles toutes l’année. On peut imaginer une ligne Aéroport d’Orly/Gare de Lyon par exemple. Enfin, Charles Dalberto imagine la création d’un réseau global dans les agglomérations. A la manière d’un réseau de taxi, les engins volants pourraient transporter des passagers vers plusieurs points stratégiques.
Créer une offre complète d’aéro-mobilité
Pour mettre en place ce réseau global, HoverTaxi ambitionne de créer une offre complète. La société veut gérer les pilotes, les engins, créer des stations dans les agglomérations et créer une application mobile pour permettre aux utilisateurs de réserver une course. Elle veut donc devenir une sorte d’Uber des voitures volantes, « mais avec les bouchons en moins », ironise le General Manager.
Le principe serait le même : l’utilisateur se rend dans une station et commande un HoverTaxi pour se rendre dans une autre station. « Le prix d’une course ne dépassera pas les 50 euros TTC », précise Charles Dalberto.
2022 : l’odyssée du ciel urbain
Avant que l’HoverTaxi ne survole les villes, une règlementation doit être établie. Selon le General Manager, c’est en 2022 que les agglomérations verront les premiers engins volants circuler dans la ville. « En 2022, nous verrons de nombreux aéronefs dans le ciel », déclare t-il.
Pourquoi 2022 ? L’Union européenne considère qu’à cette date, l’infrastructure nécessaire sera mise en place. Autrement dit, que des règles de circulations auront été établies et des corridors aériens créés. La startup suit le dossier de près. Charles Dalberto participe lui-même aux discussions qui ont lieu à L’Agence européenne de la sécurité aérienne. « Il va falloir créer des corridors non-ségrégués, autrement dit, qui peuvent être empruntés par tout le monde », précise t-il. Comme pour les couloirs aériens empruntés par les avions, les autorités nationales sont en train de dessiner ces routes.
C’est cette proximité avec les institutions qui a poussé HoverTaxi à ne pas se lancer dans des véhicules autonomes pour le moment. « L’Union européenne affirme que les engins volants autonomes n’arriveront pas avant 15 ans », ajoute t-il. C’est pourquoi il ne considère pas Uber ou Airbus comme des concurrents très menaçants actuellement. Mais il est conscient que sa société n’est pas la seule sur ce créneau. « Nous voulons êtres les premiers », conclut Charles Dalberto.

