L’UE veut réunir les données biométriques de 350 millions de personnes

Lundi 15 avril, le Parlement européen a voté pour la création du Common Identity Repository (CIR).

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Hugo Pellegrin

2 mai 20192 min de lecture

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© Archives Travolution

Lundi 15 avril, le Parlement européen a voté pour la création du Common Identity Repository (CIR). Cette base de données biométrique réunira les identités de plus de 350 millions de personnes afin d’accroître le contrôle aux frontières. Justifiée par la nécessité d’offrir les meilleurs outils aux services de police aux frontières, sa création suscite des craintes parmi les défenseurs de la vie privée.

Le Parlement européen a donné son feu vert pour la création d’une base de données de suivi biométrique des citoyens européens et non européens. Baptisé Common Identity Repository (CIR), le dispositif permettra l’interconnexion entre les systèmes de contrôles aux frontières. Au total, le fichier réunira les identités de plus de 350 millions de personnes. L’information a été révélée par le média ZDnet. Il s’agira d’une des plus grandes bases de données du genre juste derrière les systèmes chinois et indien. Le CIR aura pour rôle principal de soutenir les services de police des frontières et des autorités de l’Union Européenne. Ces derniers bénéficieront d’un système unifié pour lancer leurs recherches plus rapidement. La mise en place du CIR permettra également de fluidifier le passage des touristes et voyageurs d'affaires à l'aéroport.

La création d’un tel fichier facilitera également la collaboration entre les gouvernements pour améliorer la performance des contrôles aux frontières. Aux Etats-Unis des bases de données similaires sont gérées par le FBI et le Département des douanes et de la protection des frontières (CBP).  Ce dernier exprimait récemment la volonté de partager les données biométriques des citoyens au travers d’une blockchain intergouvernementale. La création du CIR facilitera la mise en place d’un tel projet à l’échelle internationale.

CIR ou Big Brother ?

L’existence du CIR est justifiée par la nécessité d’offrir les meilleurs outils aux forces de l’ordre pour assurer la sécurité aux frontières. En revanche les défenseurs de la vie privée tirent la sonnette d’alarme vis-à-vis du projet qualifié par l’ONG Statewatch de « point de non-retour ». Le fait que la base de données puisse être utilisée pour suivre des personnes ne faisant pas l’objet d’une enquête pénale, comme les touristes voyageant au sein de l’UE, constitue la crainte principale. Pour rappel, le système chinois empêche déjà des millions de citoyens de voyager.

Photo d’ouverture : Randy Colas

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