
Hier se déroulait la Nuit Européenne de l’IA au Palais de Tokyo. Organisé par la Commission Européenne et France Digitale, l’évènement a rassemblé des intervenants du monde entier sur de nombreux thèmes : santé, mobilité, art, cybersécurité, éthique, etc. Voici quelques idées intéressantes partagées par les intervenants.
L’IA et la mobilité
Jean-Marc David, Expert en intelligence artificielle chez Renault, a expliqué que l’intelligence artificielle allait prendre de plus en plus d’importance dans la voiture. « Elle servira pour la conduite, la navigation et la maintenance », a-t-il précisé. Le but derrière l’intégration de l’IA est de créer des véhicules sécurisés.
Pour la ville d’Helsinki, l’IA pourrait permettre de mieux faire fonctionner les transports entre eux. Un enjeu pour la décongestion du trafic, pour avoir un moindre impact sur le climat et pour apporter plus de confort aux voyageurs. Une idée partagée par François Sillion, Directeur ATCP chez Uber, qui voient dans l’autopartage et les véhicules volants une manière d’y contribuer. L’intelligence artificielle appliquée aux véhicules volants pourra permettre d’obtenir des informations relatives à la météo, à la consommation d’énergie et au trafic aérien en temps réel.
« Certaines villes proposent beaucoup d’offres de mobilité, quand d’autres en offrent peu. L’IA pourrait permettre de rééquilibrer », a complété Benoit Bouffart, CPO de OUI.sncf. Elle permet aussi de proposer des solutions plus personnalisées en fonction des besoins des voyageurs, mais aussi en fonction d’éventuelles perturbations selon lui.
Chacun des intervenants était d’accord pour dire qu’il fallait que tous les acteurs de la mobilité discutent et se complètent. « Il faut que les villes soient en contact avec les entreprises du secteur, mais surtout, il faut qu’elles partagent avec nous leurs données », a lancé Hanna Niemi Hugaerts, Directrice IoT- Forum Virium Helsinki.
Les intervenants de la table-ronde "AI for mobility"
L’IA et la data
Bertrand Pailhes est Coordonnateur national pour la stratégie d'intelligence artificielle. Il a plaisanté en affirmant qu’il fallait avoir une approche communiste avec les données. Autrement dit, qu’il fallait les partager. « Tout le monde veut avoir les données des autres, mais personne ne veut partager les siennes », a-t-il commenté sur scène. Pour favoriser la mise en commun, il faudrait effectuer un travail d’homogénéisation des formats selon lui. La création d’un système d’API ou d’une entité tierce qui gérerait le partage peut aussi être envisagée. « Nous attendons que l’Europe détermine les standards de l’IA sharing », a déclaré Bertrand Pailhes.
Pierre-Etienne Bardin, CDO du groupe Laposte, a quant à lui déclaré que le data lake était le point central du partage. Cette méthode de stockage des données consiste à les conserver dans leurs formats originaux ou à peu les transformer. « Il faut construire son data lake en ayant une vue business », a-t-il ajouté.
L’IA et l’éthique
Selon Gilles Moyse, Fondateur de Recital, une entreprise spécialisée dans le traitement automatique du langage, il faut supprimer les préjugés qui existent dans l’intelligence artificielle. Parce qu’ils sont développés par des humains, les systèmes et algorithmes héritent de certains modes de pensée. « Les assistants intelligents parlent anglais et chinois parce que ce sont ces pays qui dominent le marché. Il faut mettre en place des systèmes aussi intelligents qui comprennent d’autres langues », a-t-il affirmé. Pour plus d’éthique dans l’IA, Gilles Moyse pense qu’il faut supprimer les données qui comportent des préjugés, notamment liés au genre, pour en reconstruire avec plus de neutralité.
Photo d'ouverture : Kristopher Roller