Dans son rapport visant à mesurer la capacité de l’Aéronautique et de l'Aérien à industrialiser la Blockchain, PwC a délivré une liste de dix cas d’usages intéressants pour le secteur. La majorité d’entre eux (6/10) vise à améliorer la traçabilité et la fiabilité des procédés, tandis que les quatre derniers ouvrent la voie à de nouveaux modèles transactionnels.
L’historique au service de la prévention
En enregistrant chaque transformation, depuis la matière première jusqu’à la livraison du produit final, sous la forme d’une transaction dans la blockchain, l’Aérien peut rendre plus fiable et accessible l’historique de fabrication de produits. L’objectif étant de renforcer la détection de facteurs défectueux pour améliorer l’analyse préventive en cas de panne. Par exemple, dans le cadre des campagnes de rappel de produits en cas de problème détecté sur un lot de matériel brut. Un dispositif automatique qui renforce également l’efficacité du traitement, du stockage et de la récupération de données dans les systèmes d’information.
Une illustration du potentiel de la blockchain à connecter l'industrie pour fiabiliser ses procédés. Crédits : PwC
Gestion de la Supply Chain
Associer Blockchain et Supply Chain permettrait également d’accroître la fiabilité des données, et par conséquent la confiance entre les acteurs. L’occasion d’améliorer les prévisions de production, les statuts de livraison ou la gestion des stocks.
Traçabilité des certificats de licence
À mesure que l’industrie poursuit sa croissance, le besoin en main-d’œuvre augmente. Pour passer aux commandes d’un A380, un pilote doit signer plus de 500 documents. Le rapport PwC indique que l’utilisation de la blockchain permettrait de renforcer la confiance à l’encontre des futurs effectifs. Une mesure de traçabilité applicable aux techniciens d’entretien d’aéronefs et pour une multitude de documents. Par exemple : les certificats de navigabilité, de conformité, les transferts de propriétés, etc.
Gestion de l’identité digitale des techniciens
Sur le modèle des cas d’usages précédents, distribuer les identités des techniciens au travers d’une chaîne de blocs contribuerait à améliorer la traçabilité des interventions. Cela revient à autoriser uniquement un technicien responsable à consigner son travail dans la blockchain. En résultent plus d’efficacité et moins de documents papier. Un exemple applicable à d’autres domaines opérationnels, lors du transfert de bail entre fournisseurs et opérateurs par exemple.
Prévention des contrefaçons
La croissance exponentielle du transport aérien accroît également les cas de fraude. Pour prévenir des risques, la blockchain peut servir de base à des plateformes de gestion d’identité et de surveillance tout en permettant le stockage des informations vérifiées. La tokenisation — ou le fait d’associer chaque composant à une identité numérique dans la blockchain — des pièces d’aéronefs peut aider à réduire la circulation des contrefaçons.
Protection des imprimantes 3D
Un réseau d’imprimantes 3D peut être connecté aux systèmes cryptés de la blockchain pour en sécuriser la production. L’occasion de s’assurer de la spécification des composants mais aussi du nombre d’impressions. Un dispositif qui contribuera à la réduction des fraudes et facilitera l’ouverture à la production de composants par des imprimantes 3D en temps voulu. Au travers de ces six exemples, PwC souligne la capacité des chaînes de blocs à optimiser les systèmes de traçabilité pour plus d’efficacité commerciale et opérationnelle. Pour y parvenir, il est nécessaire de fédérer l'industrie autour de consortiums.
Pour mettre en oeuvre les cas d'usage ci-dessus, l'industrie nécessite l'implication de l'ensemble de ses acteurs au travers d'un consortium. Crédits : PwC
La "tokenisation" des billets d’avion
Plutôt que de se limiter à la vente traditionnelle de billets d’avion — soumis à une date, un horaire de vol et une destination —, les compagnies aériennes peuvent vendre des jetons d’itinéraires à durée indéterminée. PwC qualifie ce cas d’usage de « tokenisation » des billets d’avion, illustrant la capacité des blockchains à redéfinir les modèles transactionnels. Tant que la compagnie n’a pas indexé de date et d’horaire de vol, le jeton peut être échangé par son propriétaire, à condition que le passager final dispose d’une certaine flexibilité pour planifier son voyage sans avoir à payer de frais additionnels. Un système applicable également pour les points de fidélité qui permettrait (enfin) leur utilisation auprès de différentes compagnies.
Des places de marché fiables
La blockchain peut servir à améliorer la confiance envers les nouveaux entrants ou les acteurs moins connus dans l’industrie. L’occasion de renforcer la fiabilité des places de marché réunissant une multitude de fournisseurs. En s’ouvrant plus facilement à la concurrence, l’industrie peut aussi limiter sa dépendance à certains fournisseurs sur des segments de niche.

Des systèmes d'indemnisation automatique
Utiliser les contrats intelligents ou smart contracts permettrait d’automatiser les demandes de réclamation des passagers. L’occasion d’accorder automatiquement une indemnité à un passager en cas de perturbation du vol grâce à une meilleure traçabilité des certificats de conformité ou de navigabilité.
Automatiser l'approvisionnement
Dans un registre différent, l’usage de smart contracts permettrait d’accélérer les processus d’achat. Cela permettrait aux compagnies aériennes de commander des pièces auprès d’un vendeur inconnu mais certifié, par le biais d’un processus d’approvisionnement accéléré. Un cas applicable également pour les services de réparation de fournisseurs de maintenance, de réparation ou de révision (MRR). Deux applications possibles uniquement si elles sont combinées au cas d’usage des places de marché assistées par la blockchain et qui redéfinissent les modèles transactionnels.
Photo d’ouverture : PwC