Après avoir indiqué la création de 2500 emplacements de stationnement pour les vélos, trottinettes et scooters en libre-service ou free-floating, Paris pourrait s’inspirer de Los Angeles et contraindre les opérateurs à partager de manière anonyme les données utilisateurs. L’opportunité de limiter l’essor chaotique de ces services en s’assurant que les engins sont garés correctement et d’optimiser les investissements en matière de mobilité. Tandis que l’examen de la Loi d’orientation sur les mobilités (LOM) prend du retard au Parlement, rapporte Le Figaro, la mairie de Paris prend les devants. Dès le mois d’avril 2019, une redevance sera imposée aux opérateurs de flotte en libre-service ou free-floating. Cette redevance permettra à la ville de procéder à la création d’emplacements de stationnement pour ces véhicules. A terme, celui-ci deviendra obligatoire ce qui aura pour conséquence la possibilité de verbaliser et d’enlever les engins garés en dehors de ces emplacements. Jean-louis Missika, adjoint à l’Urbanisme à la ville de Paris, a indiqué souhaiter la mise en place d’un emplacement tous les 150 mètres, soit à 1 minute 30 à pied. Au total, la mairie veut créer 2500 emplacements de stationnement mais a indiqué que le maillage prendra du temps. Paris n’est pas la seule métropole où le nombre de trottinettes, scooters et vélos en libre-service explose.
Faut-il obliger le partage des données de mobilité privées ?
A Los Angeles, la réponse est positive. Pour freiner le développement parfois chaotique de ces offres de mobilité en libre-service, la ville de Los Angeles oblige désormais les opérateurs à partager leurs données. Une solution qui permettrait aux pouvoirs publics de récolter des informations anonymisées sur les pratiques de mobilités des citadins afin d’adapter les investissements en matière de transports en commun notamment. L’information a été révélée par le média Cnet et semble avoir inspiré les élus de la mairie de Paris.
Open-data : un avantage concurrentiel
Lors de l’événement Big Data, Jean-Louis Missika a déclaré que les données concernant les transports et les logements sont d’intérêt général et doivent être partagées.
"Airbnb et Uber produisent des données d'intérêt général. Nous voulons qu'ils les partagent avec nous" Jean-Louis Missika, Adjoint à la Mairie de Paris à #BigDataParis#Tourisme #Data pic.twitter.com/r4GLI1oiBY
— TOM (@TravelOnMove) 11 mars 2019
Après avoir rencontré un refus de la part des opérateurs Uber et G7 lors de discussions, Paris pourrait avoir recours à la contrainte légale. Cette obligation de partage de données, permettra à la mairie de s’assurer que les véhicules sont garés légalement et dans les limites du permis. C’est en tout cas le modèle retenu par Los Angeles. Pour inciter les opérateurs au partage de leurs données, Los Angeles va instaurer dès le 15 avril un permis d’exploitation. Les bons élèves se verront attribuer un permis d’exploitation pour une durée d’un an, tandis que les réfractaires se contenteront d’une autorisation d’un mois. De plus, leur flotte sera limitée à 3000 véhicules. Quant aux sociétés qui jouent le jeu du partage de données, à l’instar de Lime et Spin, elles pourront exploiter une flotte de 10 500 trottinettes. Un avantage concurrentiel indéniable pour ces acteurs.
Etendre le principe de donnée d’intérêt général
A Paris, la mairie pourrait s’appuyer sur le RGPD et le principe de portabilité des données pour contourner le barrage des opérateurs. Mais pour y parvenir, il faudra convaincre les usagers de ces services qui produisent la donnée. En ayant une meilleure connaissance des trajets empruntés par les cyclistes notamment, la mairie pourrait optimiser les aménagements. A noter que les données de Uber et Airbnb, sont aussi considérées d’intérêt général par l’adjoint à la mairie. Ce dernier mise sur l’entrée en vigueur de la Loi d’orientation des mobilités (LOM) pour que le gouvernement étende le principe de la donnée d’intérêt général aux opérateurs privés qui n’ont pas de contrats publics. Cette notion créée dans le cadre de la loi République numérique est réservée aux contrats de concession ou de délégation de service public. Ainsi, Paris a pour l’instant uniquement accès aux données Vélib. Photo d’ouverture : Mack Fox (MusicFox)